Par Selma Allane
Alger plaide la coopération sécuritaire et la lutte contre la migration clandestine comme préalable aux échanges commerciaux et de développement des zones frontières.
Le poste frontalier entre l’Algérie et le Niger au niveau de la localité d’In Guezzam sera réhabilité. Les travaux de réfection de cet important point de passage entre les deux pays voisins ont été annoncés, hier, par le ministre algérien de l’Intérieur et des Collectivités locales. Kamal Beldjoud, qui s’est exprimé à ce sujet en marge de la réunion à Alger du Comité mixte frontalier, a précisé que ces travaux seront effectués selon les normes modernes en vigueur pour la gestion des flux des personnes et des biens. Ils seront entamés en prévision de la réouverture de ce poste frontalier au trafic commercial.
A ce titre, le ministre de l’Intérieur a appelé les opérateurs économiques des deux pays à «intensifier les échanges commerciaux et à établir de véritables projets d’investissement à même de contribuer à l’absorption du taux de chômage et à la sédentarisation des populations des régions frontalières en leur évitant les risques de l’émigration clandestine, exploitée par des réseaux criminels dangereux».
Depuis 2015 au moins, l’Algérie et le Niger se concertent sur les moyens de revitaliser l’échange commercial dans leurs zones frontalières communes, en particulier entre les régions de Tamanrasset et Illizi, côté algérien, et celles d’Agadez et Tahoua, côté nigérien. Les échanges informels y sont très importants, mais la dynamique économique et commerciale attendue tarde à se concrétiser pour diverses raisons, dont celle liée à la sécurité dans des périmètres géographiques où la contrebande côtoie le terrorisme et le narcotrafic, empêchant l’émergence d’un cadre d’échange et de coopération maîtrisé et profitable aux deux parties. En attendant que le contexte devienne favorable au commerce et aux échanges économiques, l’actualité est à la sécurité et à la lutte contre les diverses formes de criminalité dont celle ayant trait à la migration clandestine.
«Du côté algérien, nous sommes prêts à ouvrir ce poste-frontière (In Guezzam, ndlr) et à fournir aide et assistance à la partie nigérienne dans cette démarche», a déclaré le ministre algérien de l’Intérieur à ses interlocuteurs nigériens, en précisant que sa remise en service dépendra des conditions notamment sécuritaires. La sécurisation des frontières algéro-nigériennes est une responsabilité commune qui doit être placée au centre de la coopération bilatérale, a affirmé le ministre. «La recrudescence des actes terroristes dans notre région est la preuve de la prolifération de ce phénomène criminel transfrontalier et de sa complexité», a-t-il poursuivi, en précisant que le phénomène «se développe sous plusieurs formes et se range sous la bannière du terrorisme, des groupes de contrebande, de trafic d’armes, de drogues et de psychotropes, outre les réseaux d’émigration clandestine».
D’où «la nécessité, selon lui, de davantage de coopération et de coordination en vue de prévenir ses dangers». «La migration clandestine est devenue désormais une des formes de la criminalité organisée transfrontalière, encadrée par des réseaux qui s’adonnent à la traite des personnes et s’allient aux groupes terroristes pour élargir leur pouvoir dans la région», a soutenu M. Beldjoud. «Nous devons, en tant que pays voisins, renforcer la coopération bilatérale dans le cadre d’une stratégie complémentaire pour faire face aux réseaux de traite et de trafic d’êtres humains», a-t-il plaidé. «L’Algérie, qui est devenue la destination d’un nombre important de migrants clandestins de différentes nationalités représentant 46 pays africains et certains pays non africains, a mobilisé toutes les ressources humaines et matérielles pour la gestion des flux incessants des migrants, préserver leur dignité et leur réserver un traitement humanitaire, en les prenant en charge sur le plan sanitaire et en les expatriant vers leur pays d’origine, conformément aux us et chartes internationales», a-t-il encore dit. <