Par Nazim B.
Alger et Nouakchott comptent mettre en place une commission mixte chargée de sécurité des biens et des personnes au niveau de leurs frontières communes destinées à être un corridor commercial important. Leur initiative intervient au lendemain de l’assassinat des 3 camionneurs algériens assurant la liaison Ouargla-Nouakchott.
Intervenant une semaine après l’assassinat par les forces marocaines de trois camionneurs algériens sur l’axe routier Nouakchott-Ouargla, les travaux de la première session du Comité bilatéral frontalier algéro-mauritanien ont sensiblement gagné en importance et se sont penchés sur la question de la sécurité transfrontalière dans toutes ses dimensions.
Ce rendez-vous fait suite à la signature, en avril dernier à Nouakchott, du mémorandum d’entente portant création dudit comité bilatéral frontalier algéro-mauritanien, a souligné la veille le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales.
C’est la tribune de cette session qui a été d’ailleurs mise à profit par le ministre de l’Intérieur, Kamel Beldjoud, pour plaider la création d’une commission sécuritaire algéro-mauritanienne, exhortant les experts en la matière, Algériens comme Mauritaniens, à soumettre leurs expertises.
«Cette commission sécuritaire proposera des mesures garantissant la sécurité des deux pays et l’intégrité de leurs citoyens», a déclaré M. Beldjoud à l’ouverture des travaux de la première session du Comité bilatéral frontalier algéro-mauritanien, précisant que «la création de cette commission sécuritaire dans la conjoncture actuelle «est plus que nécessaire pour relever les défis sécuritaires transfrontaliers».
Pour le ministre de l’Intérieur, cette commission aura pour mission, entre autres, de contribuer à «contrecarrer toute menace à notre sécurité commune, notamment sur la bande frontalière», recommandant «l’intensification» des rencontres périodiques de concertation dans la région en œuvrant de «concert à la sécurisation de la frontière commune et à échanger des informations dans le cadre de la lutte contre le crime organisé sous toutes ses formes». Approché en marge de cette réunion sur le crime commis le 1er novembre par les forces marocaines contre des camionneurs algériens, M. Beldjoud a qualifié le fait d’«acte criminel lâche, perpétré par le Makhzen», affirmant que l’Etat «œuvrera à sécuriser toutes les régions du pays».
De son côté, le ministre mauritanien de l’Intérieur et de la Décentralisation, Mohamed Salem Merzoug, a estimé à cette occasion que la première rencontre du Comité bilatéral frontalier représente «un nouveau jalon dans l’édifice de la coopération bilatérale», conformément aux clauses du mémorandum d’entente signé à Nouakchott, en avril 2021, après la création d’un poste frontalier terrestre entre les deux pays.
Le responsable mauritanien a ajouté, par la même occasion, que «le premier passage frontalier officiel entre les deux pays a donné une forte impulsion aux relations de coopération bilatérale». Le ministre mauritanien de l’Intérieur a souligné, également, que son pays allait continuer à «assurer le bon voisinage et la paix et respecter les chartes du droit international», relevant que les «relations historiques» entre l’Algérie et la Mauritanie «se caractérisent par le bon voisinage et le travail au mieux des intérêts des deux pays et des deux peuples frères».
A souligner que l’Algérie et la Mauritanie partagent, depuis août 2018, un poste frontière terrestre destiné à relancer les échanges entre les deux pays. Il est situé au sud de Tindouf au point kilométrique PK-75. Pour la précision, l’ouverture de ce poste est venue en application des recommandations de la 18e session de la Haute-commission mixte algéro-mauritanienne, le 20 décembre 2016 à Alger.
Cent-quinze milliards de centimes ont été mobilisés pour la réalisation de ce poste frontalier baptisé, côté algérien, du nom du martyr Mustapha Ben Boulaïd. Il est constitué de 49 unités de construction préfabriquée, dont 46 bureaux administratifs, en sus de 4 parkings et plusieurs autres structures. Le 6 octobre dernier, il a été procédé au lancement des travaux de réalisation de deux postes frontaliers terrestres fixes algéro-mauritaniens au niveau du point kilométrique PK-75 sur le territoire de la wilaya de Tindouf. <