L’Algérie, par la voix du ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a démenti l’existence d’une médiation saoudienne avec le Maroc.

Par rédaction nationale
«Ce sujet ne peut pas être l’objet de médiations. Il n’y a pas de médiation «, a déclaré Ramtane Lamamra devant la presse, rapporte la chaine publique algérienne AL24 News. Une réponse qui intervient après la visite en Algérie du ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal Ben Farhan Ben Abdallah Al Saoud, jeudi 19 mai et à laquelle certains médias aient fait un lien entre cette visite et une supposée médiation avec le Maroc. «Même si certaines parties médiatiques font ce lien, il n’y a aucune médiation, ni hier ni aujourd’hui ni demain «, a insisté le chef de la diplomatie algérienne. «La position de l’Algérie est claire, la rupture des relations diplomatiques est motivée par des raisons fortes, elle a été décidée pour mettre devant ses responsabilités la partie qui a mené les relations à un tel état mauvais, et elle en porte l’entière responsabilité «, a-t-il indiqué. «Nous avons avec le royaume d’Arabie Saoudite et avec d’autres pays, arabes ou africains, des intérêts communs et des ententes qui font que nous nous rencontrons avec nos collègues et nous dialoguons, nous signons des accords et nous nous concentrons sur nos intérêts et nos préoccupations sans qu’un tel sujet n’intervienne dans notre ordre du jour», a conclu Ramtane Lamamra. Une source diplomatique a affirmé à l’APS que «les raisons qui ont présidé à la décision de rupture des relations (avec le Maroc) n’ont pas changé et la position de l’Algérie, à cet égard, ne changera pas non plus. De ce fait, aucune initiative n’est sujette à discussion car il s’agit d’une décision souveraine fondée et justifiée par la responsabilité pleine et entière du Maroc dans la détérioration de nos relations bilatérales». Quant aux entretiens fructueux menés avec le ministre saoudien, la même source algérienne a indiqué que «le spectre est large, compte tenu du dialogue stratégique ambitieux qui existe entre les deux pays qui ont, tous deux, un poids significatif dans la région et au sein des instances arabe, islamique et des Non alignés. Autre cadre de coopération et de consultation, l’OPEP constitue un volet important de la relation globale qui lie l’Algérie au Royaume d’Arabie saoudite». «Le potentiel de ces relations bilatérales est substantiel et les deux parties ont à cœur de le faire évoluer et d’en exploiter toutes les possibilités en favorisant la tenue de rencontres régulières à haut niveau (à ce titre, le prince héritier saoudien envisage d’effectuer une visite dans notre pays)», souligne-t-on. Sur le plan régional et international et dans la perspective de la tenue du sommet arabe à Alger, la source diplomatique a affirmé que les deux pays coordonnent leurs positions pour «accroître l’efficacité du travail arabe commun pour faire face aux nombreux défis multiformes anciens et nouveaux (induits par les retombées de la confrontation entre la Russie et les pays occidentaux) qui confrontent le monde arabe», ajoutant que le soutien de l’Arabie saoudite à la candidature de l’Algérie à un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité «se veut l’expression de cette confiance du Royaume qui estime que l’Algérie sera un acteur incontournable dans le soutien à la stabilité et la sécurité régionale et internationale». Elle a poursuivi que la «fine équipe d’intrus récidivistes (déjà mouchés à propos de prétendues conditions posées par l’Algérie) qui veulent entrer par effraction par la fenêtre afin de préempter, pensent-ils, l’agenda de nos relations stratégiques avec l’Arabie saoudite, n’a qu’à trouver d’autres ficelles moins grosses. L’instrumentalisation de prétendues médiations, quelles qu’elles soient, est morte et enterrée et ils doivent en faire leur deuil. Définitivement». <