L’Algérie et la Libye ont signé, hier à Alger, une convention portant création d’un Conseil d’affaires algéro-libyen. Une opération venue sanctionner les travaux du Forum économique algéro-libyen, tenu pendant deux jours à Alger. Cette convention s’inscrit dans les mêmes objectifs qui ont prévalu à la tenue de ce rendez-vous entre les deux pays voisins, à savoir le renforcement des échanges commerciaux bilatéraux et l’augmentation du niveau du flux des investissements.

Synthèse de Feriel Nourine
En sa qualité de cosignataire de la convention avec le président de l’Union générale libyenne des Chambres de commerce, la Directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie, Wahiba Bahloul, a estimé que «la création d’un Conseil d’affaires algéro-libyen est à même de promouvoir les relations économiques bilatérales notamment dans le secteur privé».
Ce conseil sera «un mécanisme permanent» pour le suivi des activités économiques et commerciales des opérateurs des deux pays et examinera tous les obstacles auxquels ces opérateurs peuvent être exposés durant l’exercice de leurs activités, a-t-elle précisé, ajoutant qu’il surmontera également les difficultés en soulevant aux hautes autorités des deux pays les préoccupations de leurs opérateurs économiques.
De son côté, le président de l’Union libyenne des Chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture, Mohamed Raidh, a déclaré que ce conseil «veillera à suivre l’activité économique entre les deux pays et à faciliter les différentes transactions commerciales en faveur des acteurs économiques». En ce sens, «il sera un espace de concertation continue pour l’échange d’expertises entre la Libye et l’Algérie, y compris les mécanismes de renforcement de la coopération fructueuse entre les deux pays frères, a-t-il noté.
Les travaux du Forum économique algéro-libyen et la convention de création d’un Conseil d’affaires algéro-libyen ont eu lieu sur fond de relations entre les deux pays qui gagne de plus en plus en rapprochement politique et économique, avec des efforts inlassables consentis par l’Algérie au profit de la souveraineté libyenne.
Pour preuve, la visite officielle effectuée en Algérie par le Chef du gouvernement d’Union nationale libyenne, Abdelhamid Dbeibah. Un rendez-vous qui s’est décliné en plusieurs réunions de travail entre des ministres des deux pays. De son côté, le ministre algérien des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, n’a pas manqué cette nouvelle opportunité de rapprochement pour réaffirmer la solidarité «illimitée de l’Algérie avec le peuple libyen frère pour l’aider à surmonter la crise et à soutenir les efforts des autorités libyennes à rétablir la stabilité dans le pays».
S’exprimant à la presse au terme de l’audience qu’il a accordée à son homologue libyenne, Najla Al Mangoush, M. Boukadoum a ajouté que «la rencontre fraternelle renouvelée» tenue avec la ministre libyenne a porté sur «des questions liées aux relations bilatérales privilégiées en vue de promouvoir le niveau des aspirations des deux peuples». Le chef de la diplomatie algérienne a affirmé avoir échangé avec Mme Al Mangoush «des vues sur les questions régionales et internationales d’intérêt commun, en insistant sur la tradition de communication et de coordination», notant avec «une grande satisfaction la volonté commune d’insuffler une nouvelle dynamique à ces relations, concrétisée hier dans le volet économique et aujourd’hui dans son volet politique».
La rencontre a également été l’occasion «d’examiner une série de mesures à même d’aplanir les difficultés pour les opérateurs économiques des deux pays et le développement des échanges commerciaux et économiques, y compris l’accélération de l’ouverture du poste frontalier terrestre Deb Deb/Ghadamès».
Abondant dans le même sens du discours développé par M. Boukadoum, Nadjla al-Mangouche a salué le rôle constant de l’Algérie» et «ses efforts inlassables pour préserver la souveraineté libyenne». «Nous saluons le rôle constant de l’Algérie et ses efforts inlassables pour préserver la souveraineté libyenne, son intégrité territoriale et son indépendance en sus de sa solidarité pleine pour réaliser la réconciliation nationale», a déclaré Mme al-Mangouche.
Elle a salué «le rôle positif» de l’Algérie et son accompagnement du processus onusien dans le cadre des résultats de l’accord de Genève» qui a été couronné par l’élection présidentielle du 24 décembre 2021 sur des bases constitutionnelles». «Le renforcement des voies de coopération bilatérale entre nous requiert d’intensifier les efforts et accorder davantage d’intérêt au développement de nos relations, mais également aplanir tous les obstacles qui entravent la réalisation d’une coopération économique et d’un échange commercial efficace», a-t-elle indiqué. «M. Boukadoum a coopéré avec nous dans ce domaine et accepté d’ouvrir le poste frontalier de Deb Deb qui constitue un point vital entre l’Algérie et la Libye. Il nous a, également, promis d’ouvrir incessamment un autre poste frontalier pour faciliter les voies de coopération entre les deux pays», a souligné la ministre libyenne, saluant «cette coopération et la souplesse dans la réponse aux demandes libyennes en cette conjoncture».
Elle a, en outre, indiqué avoir évoqué avec M. Boukadoum la «relance de la tenue de la grande Commission mixte et de l’organiser à l’avenir au niveau ministériel», pour examiner «plusieurs dossiers prioritaires relatifs aux secteurs du commerce, de la sécurité, de la santé, de la migration clandestine et les voies de coopération dans la sécurisation des frontières ainsi que l’activation des conventions sécuritaires en vue de renforcer les liens de coopération sécuritaire», a-t-elle précisé.