Par Nadir Kadi
Deux nouvelles conventions judiciaires relatives à «l’extradition de criminels» et à la «coopération judiciaire dans le domaine pénal» ont été signées, hier à Beyrouth, par le Liban et l’Algérie. Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Abderrachid Tabi, et son homologue libanais, Henri Khoury, ont, en effet, convenu de renforcer «la coopération judiciaire dans le domaine pénal» et d’ouvrir la voie à d’éventuelles «extraditions de criminels». Un communiqué du secteur de la Justice expliquait plus tôt que la signature serait accompagnée d’entretiens entre les deux parties à propos des «voies et moyens de relancer la coopération bilatérale». Cérémonie de signature organisée en marge de la participation de Abderrachid Tabi à la cérémonie de distinction des trois lauréats du Prix arabe de la meilleure thèse de doctorat en sciences juridiques et judiciaires. Il apparaît que ces deux nouveaux accords pourraient aboutir au règlement de certaines affaires de «corruptions», de «détournements» et de «blanchiment» de fonds publics, jugées ces dernières années en Algérie. L’un des principaux dossiers de la justice algérienne qui pourrait en bénéficier reste en ce sens «l’affaire» de l’ancien ministre de l’Industrie Abdessalem Bouchouareb.

L’étau se resserre sur Abdessalem Bouchouareb ?
Ce dernier, toujours «en fuite», aurait, selon certaines sources, conservé ou fait transiter des biens et avoirs par le Liban, l’ex-responsable durant la présidence Bouteflika aurait même demandé l’asile politique par l’intermédiaire d’hommes d’affaires libanais. En effet, A. Bouchouareb, figure de proue du secteur de l’industrie et des mines entre 2014 et 2017, reste aujourd’hui sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par l’Algérie dès 2019. Il avait par la suite été condamné par contumace à trois peines de 20 ans de prison dans les affaires de la politique de montage automobile, Sovac et Ali Haddad. La presse a récemment fait savoir que A. Bouchouareb aurait tenté de «liquider» ses biens à l’étranger, notamment deux appartements dans la capitale française pour une valeur équivalente à 45 milliards de centimes. La valeur globale des biens saisis par la justice en Algérie dépassent pour sa part les 200 milliards de centimes, en y incluant une «luxueuse» villa située dans la commune de Chéraga, une «très importante somme en devises fortes» ou encore «deux voitures de luxe de fabrication allemande»… Quant à la possibilité d’extradition rapide de l’ex-ministre, elle reste pour le moment hypothétique, d’autant que sa présence sur place n’est pas confirmée.
Et il est de surcroît indiqué que qu’A. Bouchouareb aurait pu bénéficier de la nationalité libanaise grâce à un décret présidentiel signé par le chef de l’Etat, Michel Aoun. Par ailleurs, en plus de la situation de l’ex ministre de l’Industrie, d’autres noms de personnes recherchées par la justice et soupçonnés de séjourner au Liban pourraient refaire surface dans les prochaines semaines. Parmi eux, celui du neveu de l’ancien ministre des Affaires étrangères Mohamed Bedjaoui, Farid Noureddine Bedjaoui. Ce dernier fait l’objet d’un mandat d’arrêt international et est poursuivi dans l’affaire des contrats entre la firme italienne Saipem et Sonatrach.