Par Lyes Sakhi
Le patron de l’énergéticien italien Eni, Claudio Descalzi, était hier à Alger où il s’est entretenu avec le PDG de Sonatrach, Tewfik Hakkar. Les discussions entre les deux hommes ont porté sur l’actualité énergétique et les échanges bilatéraux dans ce domaine. Certains des dossiers qu’ils ont abordés – comme ceux qui ont trait à la production d’hydrocarbures à partir des gisements exploités conjointement – sont déjà relativement connus. D’autres, comme ceux en relation avec la probabilité pour la compagnie nationale des hydrocarbures de fournir davantage de gaz à l’Italie, en cette période de crise provoquée par la guerre en Ukraine et la recherche d’une alternative au gaz russe, devront être suivis avec attention à l’avenir, la tendance étant à l’«excellence» des relations entre les parties algérienne et italienne , selon le ministre de l’Energie et des Mines, qui a eu également des échanges, hier, au siège de son département, avec le numéro 1 d’ENI.
Au vu de la densité de la coopération dans le domaine de l’énergie, ces relations algéro-italiennes et leur amélioration constante observée durant ces derniers mois placent le groupe ENI dans la situation de devenir un partenaire et un acteur majeur du champ pétro-gazier algérien. Ce positionnement est le résultat du grand bouleversement que connaît le secteur énergétique dans le monde – en raison des conséquences de la guerre en Ukraine – mais aussi du basculement qu’on observe par exemple dans les relations de l’Algérie avec des pays qui étaient considérés comme l’Espagne, il y a peu de temps, comme des clients fiables et solides, engagés dans la logique des intérêts mutuels et convergents, et qui sont devenus, par leur choix géopolitique, non pas des adversaires, mais des consommateurs envers lesquels il y a lieu de pratiquer la politique du juste prix.
Ce rapprochement entre ENI et Sonatrach, entre l’Algérie et l’Italie, devrait être confirmé prochainement par la visite annoncée en Algérie du Premier ministre Mario Draghi. Il est à espérer, alors, que cet évènement qui sera sans doute marqué par les questions des hydrocarbures et de l’énergie en général, soit une occasion historique pour discuter enfin durablement des possibilités d’investissement dans les autres domaines économiques et mêmes culturels, comme on l’a constaté au dernier salon international du livre d’Alger, où le bilatéral algéro-italien, s’il atteint la globalité pour laquelle il est éligible et s’il s’accorde encore à l’esprit qu’avait Enrico Mattei à briser les oligopoles de son temps et à renforcer la relation Nord-Sud, a de quoi s’étoffer et s’enrichir davantage.