En visite, hier, à Alger, la ministre italienne de l’Intérieur, Luciana Lamorgese, a été reçue par le chef de l’Etat. Signe que les relations entre l’Algérie et l’Italie sont au beau fixe et la confirmation de ce qu’affirmait, il y a quelques jours, Mme Lamorgese devant le Parlement italien sur le bilatéral algéro-italien.

Tous les voyants sont au vert, a déclaré la ministre avant son déplacement express dans notre pays. Sur l’échange qu’elle a eu avec le président de la République et sur la séance de travail qu’elle a eue avec son homologue algérien, Kamel Beldjoud, très peu d’indications ont filtré. Les déclarations du ministre algérien de l’Intérieur et des Collectivités locales renseignement néanmoins sur les questions abordées par les deux parties.
Il s’agit notamment de la question migratoire pour laquelle la ministre italienne a déjà effectué, en août dernier, une visite en Tunisie, pays voisin davantage concerné par ce dossier en raison d’une plus grande proximité géographique avec Lampedusa. Cette île sicilienne est l’un des points les plus recherchés par les migrants et l’une des destinations les plus «vendues» par les réseaux de passeurs tunisiens ou internationaux spécialisés dans ce trafic avec des ramifications jusqu’en Libye. Jusqu’au 24 juillet dernier, 11 191 migrants sont arrivés en Italie depuis le début de l’année 2020, dont 4 000 sont des citoyens tunisiens, selon les déclarations de la ministre italienne en août dernier aux médias de son pays.
Sur la question migratoire, Kamel Beldjoud, après son évocation par la ministre italienne, a indiqué que le nombre de migrants algériens clandestins en Italie est «très faible» par rapport à d’autres pays. L’Algérie, a-t-il dit, «assume ses responsabilités» et prend les décisions qui s’imposent à ce sujet. Une déclaration qui laisse entendre que la coopération entre les deux parties dans la lutte contre la migration clandestine fonctionne bien même si notre pays n’est pas au premier rang des «pourvoyeurs» de migrants à destination de l’Italie (contrairement à l’Espagne) et en particulier via la Méditerranée et le passage des côtes tunisiennes vers la Sicile ou la Sardaigne, comme c’était davantage le cas il y a plus d’une dizaine d’années à partir d’Annaba et de Sidi Salem, plus précisément. Ce couloir a pratiquement été «tari» en raison du travail des services de sécurité concernés et des garde-côtes de la marine nationale. Il semble pourtant que dans ce domaine la demande italienne demeure plus forte. Mme Lamorgese a parlé hier à Alger du souhait d’une «coopération plus large». Autres dossiers d’intérêt commun pour les deux ministres algérien et italien de l’Intérieur, la situation libyenne ainsi que les domaines relatifs à la sécurité civile et la prévention ainsi que la gestion des risques naturels.