Par Feriel Nourine
En cette période où la guerre en Ukraine et ses conséquences géopolitiques sont en train de reconfigurer les alliances dans le monde, l’Algérie et l’Italie œuvrent à consolider leur coopération bilatérale. Laquelle repose déjà sur des liens solides et une relation privilégiée dont les deux pays usent au profit d’un rapprochement mutuel, dans une dynamique toujours favorable à ce genre d’initiative.
La visite que devrait effectuer, aujourd’hui, le Premier ministre italien, Mario Draghi, en Algérie s’inscrit dans ce cadre, en relayant celle qu’avait entreprise le Président italien, Sergio Mattarella, dans notre pays, en novembre dernier. Ce dernier était reparti chez lui, rassuré par Abdelmadjid Tebboune sur la continuité de l’acheminement du gaz algérien en Italie et, surtout, sur les prix de vente de cette énergie qui n’allaient connaître aucune augmentation.
Cinq mois après la visite du Président italien, son Premier ministre vient en Algérie pour discuter encore du dossier du gaz. Mais dans une conjoncture où le marché gazier n’est plus celui de novembre dernier, traversant une phase de turbulences, engendrée par la guerre en Ukraine, qui fait craindre le pire aux pays consommateurs. Entre prix qui flambent et circuits d’approvisionnement perturbés par les sanctions prises par les pays occidentaux, les pays consommateurs multiplient les démarches en quête d’alternatives au gaz russe qui, de surcroît, risque toujours l’embargo de l’Union européenne.
Pour l’Italie, les démarches semblent moins difficiles à mener, et la solution plutôt facile à décrocher grâce, justement, à ses relations avec l’Algérie qui est son second fournisseur de gaz après la Russie. Une solution nommée Transmed, un gazoduc qui achemine du gaz algérien vers les côtes italiennes depuis 1983, mais qui n’est pas exploité à sa pleine capacité quotidienne. Laquelle pouvant donner le double de ce qui est livré actuellement aux Italiens, avec, en outre, des perspectives d’acheminement vers d’autres pays européens.
Le déplacement en Algérie d’une délégation d’ENI, effectué la semaine dernière, semble avoir servi à préparer le terrain pour le Premier ministre italien en vue d’un accord avec les autorités algériennes sur une augmentation des livraisons de gaz vers ce pays européen aux alliances historiques avec l’Algérie.