Il y a exactement un an, le 25 février 2020, était annoncé le premier cas confirmé de coronavirus en Algérie. Depuis, le Covid-19 n’a cessé de se propager et de gagner, petit à petit, chaque jour un peu plus de terrain.

Il a envahi, une à une, les différentes wilayas du pays sans qu’aucune mesure ne puisse lui faire barrage. Aujourd’hui, les Algériens, à l’instar de tous les citoyens du monde, continuent de côtoyer quotidiennement ce qui est désormais admis d’appeler un «ennemi invisible», ne sachant où ni à quand il peut jeter son dévolu sur sa proie. Le seul moyen ou la seule arme – comme aiment à le qualifier les professionnels de la santé – pour faire face et stopper la propagation de cette pandémie reste le vaccin.
Une année est donc passée avec ses lots de «surprises» imposées par le Covid-19, se traduisant par un mode de vie complètement chamboulé, impactant toute la vie socio-économique du pays : des habitudes nouvelles sur les plans individuel et collectif, des entreprises et commerces fermés, ainsi que les écoles et universités, des avions cloués au sol et tant d’autres mesures ont été prises afin de limiter la propagation du nouveau coronavirus.
Le Covid-19 laissera des traces indélébiles puisqu’il a causé, jusqu’à présent, la mort de près de 3000 personnes en Algérie, donc près de 3000 familles endeuillées dont celles des personnels de la santé, tous corps confondus, qui ont été au-devant dans la lutte contre la pandémie qui prenait de plus en plus d’ampleur. Le secteur de la santé a, en effet, payé un lourd tribut et perdu nombre parmi les siens, dont d’éminents professeurs, médecins, infirmiers, biologistes, ambulanciers…
Malgré les risques de leur exposition permanente au coronavirus, ils ont tenu bon et poursuivi leur mobilisation qui continue à ce jour. Pour cette «armée blanche» qui est restée au premier rang dans la bataille contre le Covid-19, un énième hommage appuyé lui a été rendu, hier, par le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, qui a tenu à mettre l’accent, entre autres, sur «le sacrifice et l’abnégation dont ont fait preuve les blouses blanches en restant mobilisés une année durant». Il a également eu une pensée «à la mémoire de tous ceux qui nous ont quittés parmi les personnels du secteur de la santé durant cette pandémie».
«A ce jour, la mobilisation du corps médical et paramédical n’a pas faibli. Ils continuent d’être présents sur le terrain», a encore déclaré le Pr Benbouzid en guise de reconnaissance, tout en rappelant, dans la foulée, certaines étapes vécues lors de cette pandémie avant d’arriver à l’étape actuelle qu’est celle de la vaccination.
Un an après l’apparition du nouveau coronavirus dans le pays, l’espoir d’en découdre avec cet invité-surprise malvenu pointe avec l’annonce des vaccins. L’Algérie, à l’instar des autres pays du monde, s’y est attelée dès que possible et a commencé la vaccination le 30 janvier dernier.
Arrivée de 200.000 doses du vaccin chinois
Dans ce cadre, le ministre de la Santé a annoncé que l’Algérie s’apprêtait à «réceptionner aujourd’hui (hier, ndlr) une quantité de doses d’un vaccin». Il s’agit de 200.000 doses d’un vaccin chinois, dont la Chine a fait don à l’Algérie. Ces doses viendront s’ajouter à celles déjà reçues et par lesquelles a été lancée la campagne vaccinale, à savoir 50.000 doses du vaccin russe Spoutnik V (sur les 500.000 commandées) et 50.000 autres du vaccin suédo-britannique AstraZeneca que l’Algérie a achetées. Toujours à propos des vaccins, il a ajouté qu’«avant la fin du mois, nous recevrons d’autres quantités et ce sera des centaines de milliers de doses», précisant que «ceci n’est qu’un début et nous recevrons encore d’autres doses en mars et avril prochains».
L’arrivée de nouvelles doses permettra, ainsi, d’élargir la vaccination à quelques 100.000 autres personnes à travers le territoire national, notamment la catégorie prioritaire qu’est celle du corps médical et paramédical étant donné que les premières livraisons étaient insuffisantes pour inclure tout le personnel du secteur de la santé et les autres catégories prioritaires. Un état de fait que le ministre Benbouzid a reconnu, tout en soulignant qu’il y a une «compréhension aussi bien de la part du peuple qu’au niveau des hôpitaux». Il a saisi cette occasion pour rappeler que la vaccination de 70% de la population concernée se sera étalée sur toute l’année, comme cela se fait dans les autres pays du monde.
En une année de Covid-19, l’Algérie a enregistré plus de 112.000 contaminations et 2.964 décès. Actuellement, la situation est qualifiée de stable comparativement à d’autres pays et l’objectif est de maintenir cette stabilité ou, mieux, de diminuer les chiffres, mais surtout d’arriver à «une vaccination massive en cette période d’accalmie afin de pouvoir stopper rapidement la propagation du virus», selon les recommandations des spécialités. Tout dépend des quantités de vaccins qui peuvent être acquis, que ce soit dans le cadre de l’initiative Covax sous la houlette de l’Organisation mondiale de la santé ou dans le cadre des accords bilatéraux avec d’autres pays ou laboratoires fabricants de l’anti-Covid-19, sachant qu’une tension mondiale sans pareille caractérise le marché mondial de ce vaccin. Ce qui a poussé l’Algérie à projeter de fabriquer localement le vaccin russe Spoutnik V. Un projet qui devra prendre de six à sept mois pour être opérationnel pour satisfaire les besoins locaux et, pourquoi pas, exporter vers d’autres pays du continent.
En attendant, mesures de prévention et gestes barrières continuent d’être recommandés, afin d’éviter de vivre une année similaire à celle qui vient de s’écouler. Il y a exactement un an, rappelle-t-on, que l’Algérie a enregistré sur son sol le premier cas confirmé. C’était un ressortissant italien qui travaillait dans le Sud algérien. Arrivé le 18 février en Algérie, il avait été diagnostiqué positif mardi 25 février 2020 avant d’être rapatrié dans son pays vendredi 28 février sans avoir causé de contaminations. Le point de départ de la pandémie est parti de Boufarik, dans la wilaya de Blida, lorsque deux femmes avaient été déclarées positives au Covid-19 après avoir été contaminées par des membres de leurs famille venus de France assister à une fête familiale. La contagion avait touché plusieurs autres invités, dont nombre d’entre eux habitaient dans d’autres wilayas. Après la fête, chacun est rentré chez lui en emportant avec lui l’invisible coronavirus…