L’opération cession d’actifs détenus par Occidental Petroleum Corp dans plusieurs pays d’Afrique, dont l’Algérie et le Moyen-Orient, est relancée. Le producteur indonésien de pétrole et de gaz Pertamina a annoncé avoir entamé des négociations dans cette perspective avec le groupe américain, rapportait hier Bloomberg.
Le rachat, s’il est réalisé, porterait sur un montant de 4,5 milliards de dollars, précise la même source, soulignant qu’Occidental Petroleum a dû rouvrir le dossier de ses actifs en Afrique et au Moyen-Orient parce que les assises financières de la société américaine restent toujours fragilisées par la lourde dette de 40 milliards de dollars qu’elle a contractée lors de l’opération de fusion/acquisition d’Anadarko en 2019. Occidental éprouve d’énormes difficultés à rembourser cette dette, surtout après la forte chute des prix de l’or noir provoquée par la pandémie de la Covid-19 qui, de surcroît, lui a coûté un effondrement de ses actifs évalué à 60% depuis le début de 2020. Parmi les actifs auxquels s’intéresse Pertamina, figurent les champs de pétrole et de gaz au Ghana, en Algérie, à Oman, et aux Emirats arabes unis. Les sociétés indonésienne et américaine n’ont pas fourni plus de détails sur le contenu technique de leur négociation. Pour rappel, le groupe Total avait longtemps figuré comme repreneur en force des actifs cédés par Anadarko à Occidental Petroleum en Algérie. La transaction concerne les blocs 404a et 208 et une participation de 24,5% dans le bassin de Berkine (champs de Hassi Berkine, Ourhoud et El Merk) dans lesquels Total détient déjà 12,25%. Mais le groupe français n’a pu, finalement, mener jusqu’au bout son action, après que le groupe Sonatrach a réussi à faire valoir son droit de préemption sur les intérêts détenus par Anadarko en Algérie, annulant la cession des actifs algériens au profit de Total.
C’est d’ailleurs son PDG qui avait annoncé cette information, en mai dernier. «Occidental nous a officiellement dit que nous ne pourrions pas acquérir les actifs en Algérie», avait alors fait savoir Patrick Pouyanné. Les autorités algériennes avait, faut-il le rappeler, manifesté leur opposition à cette transaction bien avant la finalisation de l’opération de fusion/acquisition entre les compagnies pétrolières américaines Anadarko et Occidental. A ce propos, le ministère de l’Energie avait fait valoir l’incompatibilité de la transaction avec la réglementation en vigueur pour motiver cette opposition. Ainsi, s’il a pu valider, dès le mois d’octobre dernier, la transaction au Mozambique – acquisition de 26,5% de parts dans le projet mozambicain de liquéfaction de gaz naturel, Mozambique LNG, pour 3,9 milliards de dollars, Total a, par contre, buté sur le droit de préemption exercé par Sonatrach. Cependant, la réaction face à Pertamina pourrait bien être différente, sachant qu’à la faveur des nouvelles mesures introduites dans le code des investissements, en février dernier, le droit de préemption n’est plus systématique. En effet, «toute cession de parts par des parties étrangères à d’autres parties étrangères, du capital social d’une entité de droit algérien exerçant dans l’une des activités stratégiques est soumise à autorisation», lit-on, entre autres, dans le texte. Cette nouveauté ouvre, en tous les cas, la voie à un gros investisseur, dans une période où le secteur des hydrocarbures montre des signes clairs de régression et éprouve des besoins urgents en matière d’investissement que Sonatrach ne peut plus se permettre de prendre en charge.<