La vente des billets par voie électronique via la plateforme «Tadkirati» ne semble pas être une solution qui remédie aux pratiques constatées lors de la vente classique aux guichets. Le mal semble endémique.

Par Mohamed Touileb
Les responsables croyaient certainement que la mise en place de la billetterie électronique allait permettre de contrôler l’accès et gérer la foule plus aisément. Malheureusement, l’organisation a été dépassée, vendredi, lors du match de l’équipe nationale face à la Guinée.
Même le fait de disposer de tickets numérotés, catégorisés et nommés ne garantit pas une entrée pour assister à la rencontre. Des gens qui sautent par-dessus les séparations de l’enceinte, d’autres qui ont pris les places de ceux qui ont acheté leurs places, des personnes en short et claquettes en tribunes d’honneur, et beaucoup d’anomalies ont été constatées par ceux qui se sont rendus dans le nouvel écrin d’El-Bahia pour cette rencontre.

Une question de civisme avant tout
Tout ne s’est donc pas bien passé en dépit de l’informatisation des achats de billets. Cette procédure devait faciliter l’accès au stade et le rendre plus fluide. Mais, et c’est fort regrettable, les vieux réflexes étaient là. Des personnes sans tickets se sont rendues sur les lieux très tôt. Les plus persuasifs et intrusifs ont réussi à se faufiler. Ceux qui étaient en possession des «pass» d’accès pensaient certainement pouvoir entrer dans l’enceinte à tout moment sachant que leur place était, normalement, assurée. Cependant, leur stupéfaction et indignation étaient grandes quand ils ont été empêchés d’assister au match même s’ils étaient en règle. Même des familles de joueurs comme Bennacer et Ounas ont été victimes de cette mascarade.
Cela reste un scandale organisationnel car des individus ont pris la place d’autres. Les malhonnêtes sont les mieux lotis dans cette histoire. Est-ce que l’incivisme payera toujours dans notre pays ? Clairement, les stades semblent être devenus des lieux où seuls les plus «rusés» survivent.

Quand la misogynie s’en mêle
Avant cette mascarade, le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) a mis 36 100 places, écoulées en 40 heures, sur la plateforme «Tadkirati». Par ailleurs, on peut relever la campagne indigne sur certaines pages des réseaux sociaux. En effet, l’annonce mentionnant que 40% des places ont été achetées par la gente féminine a probablement fait croire que de ne pas laisser entrer quelques milliers de jeunes «zawali» ne pouvant pas se permettre un ticket entre 700 et 3 000 DA et prendre la place des femmes serait «légitime». Ce qui reste fort regrettable. D’autant plus que ces mêmes «privilégiés», qui aiment leur sélection, conspuent et sifflent, sans raison, l’hymne national de l’adversaire.
En conclusion, la faute est partagée entre les responsables de la DJS d’Oran, les autorités locales et les supporters. Normalement, quand on n’a pas acheté sa place, on n’a rien à faire devant un antre et ses alentours. Le progrès dans l’opération de vente n’est utile en rien si la catégorie visée n’a pas un comportement en adéquation de la part du prestataire et du «consommateur». Après tout, c’est une question d’accompagnement avec la mise en place de mécanismes qui filtrent l’accès dans un périmètre défini du stade et ses alentours et de… civisme. Ceux qui ne paient pas ne doivent pas prendre ce qui ne leur appartient pas. Et il faudra sévir. Tout simplement. A quelques mois du CHAN-2022, il faudra prendre les mesures qui s’imposent. n