La visite que s’apprête à effectuer Emmanuel Macron en Algérie, dans quelques jours, est attendue pour accélérer le processus de normalisation entre les deux pays, après les mois de brouille qui avaient pesé sur leurs relations, suite aux déclarations du président français sur la nation algérienne.

Par Feriel Nourine
Bien plus, cette visite, prévue pour le 25 août, selon des sources proches du dossier, devrait sceller définitivement cette normalisation et ouvrir la voie au renforcement des relations bilatérales et de la coopération sur différents dossiers. C’est ce que s’emploient à réaliser les deux chefs d’Etat en multipliant les contacts depuis que le gel diplomatique a commencé à céder du terrain aux négociations et au rétablissement de ces relations, notamment après la visite à Alger, par l’ex-ministre français des Affaires étrangères, jean Yves Ledrian, en décembre 2021, et le retour de l’ex-ambassadeur d’Algérie en France, Mohamed Antar Daoud, à son poste.
C’est, effet, dans cette nouvelle dynamique de rapprochement et de perspective de consolidations des liens que le chef d’Etat avait adressé une invitation au locataire de l’Elysée, en avril dernier, après la réélection de ce dernier pour un second mandat présidentiel. Dans son message de félicitations, M. Tebboune avait mis en avant son souhait de bâtir une «relation de confiance et d’amitié», avec un «regard vers l’avenir, à la hauteur des ambitions partagées».
A son tour, M. Macron a saisi l’opportunité du message qu’il a adressé à M. Tebboune début juillet dernier, à l’occasion du soixantenaire de l’indépendance de l’Algérie pour affirmer qu’il viendrait en Algérie pour lancer «le nouvel agenda bilatéral, construit en confiance et dans le respect mutuel de nos souverainetés».
Partant, plusieurs dossiers devraient être au menu de cette visite qui verra une importante délégation ministérielle accompagner le président français, et à sa tête la ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Catherine Colonna.
Les relations bilatérales, la 5e session du Comité intergouvernemental de Haut niveau (CIHN), les restrictions sur les visas aux ressortissants algériens, le rapatriement des clandestins algériens qui font l’objet d’une décision d’expulsion en France, la présence des entreprises françaises en Algérie ou encore la coopération énergétique seraient, entre autres, à l’ordre du jour.
Mais l’ensemble des dossiers autour desquels tournent les relations algéro-françaises demeurent suspendus à la question de la mémoire, dont Alger attend plus de concret en provenance du président français dont c’est la seconde visite en Algérie depuis son arrivée à l’Elysée.
A ce propos, il est attendu que le second mandat puisse permettre de poursuivre l’entame timide qu’il a effectuée lors de son premier mandat, laissant l’ensemble des Algériens sur leur fin, notamment à travers le rapport que lui a préparé l’historien Benjamin Stora.
Ce dernier est toutefois venu en Algérie, le 5 juillet dernier, en qualité d’envoyé d’Emmanuel Macron aux festivités du soixantième anniversaire du recouvrement de l’indépendance.
Une désignation qui semble obéir au souci de M. Macron d’œuvrer davantage dans le cadre d’un dossier qui pèse par sa sensibilité extrême sur l’ensemble des relations entre Alger et Paris.
En effet, le choix porté sur M. Stora par le chef d’Etat français pour le représenter dans des festivités de cette envergure a sans doute sa symbolique quant à la suite qui sera réservée à la question de la mémoire. Ceci d’autant que l’historien français a été reçu par le président de la République, à qui il a remis un message de son homologue français. Son contenu s’inscrit, lui aussi, en droite ligne avec les efforts consentis par les présidents des deux pays pour passer à une étape de renforcement des liens.
Aussi, pour avoir été adressé à l’Algérie précisément à l’occasion du 60e anniversaire de l’indépendance, le message du président français a eu pour orientation exclusive la question de la mémoire pour laquelle le président français s’est engagé à faire plus.
Après avoir indiqué que «l’anniversaire des 60 ans de l’indépendance de l’Algérie, le 5 juillet 2022, est l’occasion pour le Président de la République d’adresser par une lettre au Président Tebboune ses vœux au peuple algérien et de dire son souhait que se poursuive le renforcement des liens déjà forts entre la France et l’Algérie», l’Elysée a souligné qu’Emmanuel Macron «réitère, en outre, son engagement à poursuivre sa démarche de reconnaissance de la vérité et de réconciliation des mémoires des peuples algérien et français».