Le candidat à l’élection présidentielle française d’avril prochain, Emmanuel Macron, a achevé hier une visite de deux jours en Algérie, pays qu’il connaît pour y avoir séjourné en sa qualité d’ancien ministre sous Hollande chargé du portefeuille de l’Economie.

C’est presque en tant que tel qu’il a été reçu en Algérie par les plus hauts responsables, à leur tête le Premier ministre Abdelmalek Sellal. Décrite par M. Macron comme une étape «indispensable» et symbolique pour un candidat à l’élection présidentielle française, le candidat centriste a évoqué avec ses hôtes «le poids du passé» et les perspectives d’avenir. Il a passé deux longues heures d’entretien avec le Premier ministre Abdelmalek Sellal et le ministre de l’Industrie et des Mines Abdesslem Bouchouareb, qui ont largement débordé du programme initial.
M. Macron a affirmé, hier à Alger, que le renforcement des relations entre l’Algérie et la France devrait se faire à travers des partenariats multisectoriels. «Le renforcement de la relation entre l’Algérie et la France passe par une série de partenariats renforcés, un partenariat diplomatique et sécuritaire, académique, culturel, linguistique, éducatif et, également, par un partenariat économique», a-t-il déclaré à la presse à l’issue d’un entretien avec le ministre de l’Industrie et des Mines, Abdeslam Bouchouareb.
Le même jour, M. Macron a également eu un entretien avec le président du Forum des chefs d’entreprise (FCE), Ali Haddad, à l’issue duquel il a souligné à la presse que la France et ses entreprises devraient contribuer à la diversification de l’économie algérienne. Evoquant le numérique, le candidat à la présidentielle française a relevé l’existence d’un partenariat «extrêmement vif en Algérie», deuxième marché francophone au monde après la France, avançant la possibilité de la création de «géants numériques» grâce à une coopération algéro-française. Pour M. Macron, le partenariat algéro-français est également important «dans le cadre d’une stratégie africaine que les deux pays doivent partager», l’Algérie étant, a-t-il poursuivi, le premier pays d’Afrique et celui qui a vocation à travailler avec l’ensemble des pays du continent à travers, notamment, la mise en place de la route transsaharienne et la stratégie du pays en termes d’infrastructures de transport et énergétiques. Au-delà, M. Macron a insisté auprès de ses hôtes sur l’importance des relations historiques entre la France et l’Algérie, qui «se regardent d’un bord à l’autre de la Méditerranée».
«Il est évident que compte tenu du rôle que joue l’Algérie dans notre histoire, dans notre pays, dans notre avenir et dans celui du Maghreb, il est indispensable durant une campagne présidentielle de venir faire une telle visite. Pour mesurer à chaque instant le poids du passé et avoir un discours volontariste sur l’importance de l’avenir», a souligné M. Macron. Evoquant le «très long passé» entre la France et l’Algérie dans lequel «on s’est parfois collectivement empêtrés», appelant à le «dépasser pour construire un avenir». «J’appartiens à une génération qui n’a pas connu la Guerre d’Algérie (1954-1962, ndlr) mais (…) qui ne peut pas vivre sans. Cela fait partie de notre viatique», a relevé M. Macron. Tout en appelant à «donner encore plus de densité au partenariat entre la France et l’Algérie». Un partenariat qui passe aussi par le fait religieux, l’Algérie étant engagée auprès de la France dans la formation d’imams pour un Islam tolérant. D’ailleurs, le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aïssa, a accordé une audience à M. Macron. Avec lequel il a discuté «des relations algéro-françaises en ce qui concerne le domaine du culte sur lequel [nous] avons partagé des réflexions communes sur la meilleure manière d’organiser les questions relatives à l’Islam en France», avait alors déclaré M. Macron.