PAR NAZIM B.
En parvenant à reprendre une relation consulaire «normale» après plusieurs années de crispation dans le dossier de la mobilité et de l’attribution des visas aux Algériens demandeurs, dans ce qui marque une nouvelle étape dans le réchauffement de leurs relations, Alger et Paris viennent de se donner des chances pour la densification de leur coopération.
«Depuis lundi dernier, nous avons repris, et nous l’avons décidé de le faire ensemble, une relation consulaire normale, celle qui existait avant la pandémie de Covid-19, notamment la relation sur les visas et l’échange entre nos populations et ce, à la hauteur de la relation amicale extrêmement forte et spécifique entre la France et l’Algérie», a déclaré avant-hier le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin à l’issue de l’audience que lui a accordée le président Tebboune.
Le responsable français a ajouté, par la même occasion, avoir eu auparavant un «échange important» avec le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Brahim Merad, «ce qui a permis à la France de continuer à montrer sa grande volonté de coopération à la suite des échanges entre les Présidents Tebboune et Macron, coopération en termes de sécurité civile et d’échanges entre les deux pays», a-t-il ajouté.
C’est dire qu’au-delà du souci de résoudre ce dossier de la migration qui a envenimé par certains aspects les relations entre les deux parties, l’objectif est de donner un nouvel élan à la coopération algéro-française qui n’a pas pu avancer à la hauteur de ce qui existe comme potentialités.
M. Darmanin a cité «la coopération en termes de sécurité, la sécurité civile» et plus globalement «les échanges entre les deux pays», tout en vantant une «relation extrêmement forte» entre Paris et Alger.
La satisfaction que tire le ministre français de l’Intérieur quant à la qualité des relations qu’entretiennent les deux pays sera cependant mise à l’épreuve du terrain dans un proche avenir.
Il s’agira dans ce chapitre de rendre effective la signature des accords signés au mois d’octobre dernier à l’occasion de la visite de la Première ministre française Elisabeth Borne en Algérie dans le cadre de la tenue du 5e Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN) Algérie-France qui ne s’était pas réuni depuis cinq ans. Les deux parties ont signé, faut-il le rappeler, onze textes qui s’articulent autour de trois axes principaux, à savoir l’économie, la mobilité positive et la jeunesse.
Les autres signatures concernent une déclaration d’intention sur le travail et l’emploi, un accord de coopération dans le domaine agricole, le développement rural et l’industrie agroalimentaire, une autre déclaration d’intention sur la coopération industrielle et technologique, une Convention-cadre relative au réseau mixte des écoles RME, ainsi qu’une lettre d’intention sur la coopération en matière d’égalité des chances. A l’issue de la signature des documents, Mme Borne a qualifié la 5e session du CIHN de «signal fort» et d’une «étape pour bâtir des coopérations plus denses» encore entre l’Algérie et la France.
Le CIHN, avait-elle ajouté, «qui se déroule à quelques semaines après la rencontre de nos deux Présidents, est un signe fort.
C’est la preuve de notre détermination à construire une relation renouvelée entre nos deux pays», a affirmé Mme Borne. La réunion de ce Comité est «une étape pour bâtir des coopérations plus denses encore entre la France et l’Algérie», a-t-elle encore estimé, estimant que le CIHN a permis à l’Algérie et la France de poser «les fondements d’un partenariat renouvelé, inscrit dans la durée et qui profitera à nos jeunesses».
Par ailleurs, la déclaration d’Alger pour un «Partenariat renouvelé entre l’Algérie et la France», signée au mois d’août par MM. Tebboune et Macron fait état d’une volonté partagée pour franchir de nouvelles étapes en matière de coopération.
«L’Algérie et la France décident d’inaugurer une nouvelle ère de leurs relations d’ensemble en jetant les bases d’un partenariat renouvelé, qui se décline à travers une approche concrète et constructive, tournée vers des projets d’avenir et la jeunesse, à même de libérer le potentiel de leur coopération et conforme aux aspirations de leurs peuples», est-il écrit dans le document.
Ce nouveau partenariat «privilégié, devenu une exigence dictée par la montée des incertitudes et l’exacerbation des tensions régionales et internationales, fournit un cadre pour concevoir une vision commune et une démarche étroitement concertée pour faire face aux nouveaux défis globaux (crises globales et régionales, changement climatique, préservation de la biodiversité, révolution numérique, santé), au service de la paix, de la stabilité et du développement, dans le respect du droit international et dans l’esprit du multilatéralisme», selon la déclaration d’Alger.<