L’ancien Premier ministre français, Dominique de Villepin, était, hier l’invité du Forum des chefs d’entreprise (FCE), où il a été reçu par le président du FCE, Ali Haddad. Cette invitation entre dans le cadre de sa tournée algérienne de trois jours, sur invitation de l’ambassade de France en Algérie.

A cette occasion, il a eu plusieurs entretiens avec des responsables algériens de plusieurs secteurs et s’est exprimé sur un bon nombre de sujets d’intérêt commun. Une visite qui a été l’occasion au patron des patrons algériens d’évoquer avec son hôte du jour les relations entre les entreprises des deux pays et les perspectives de les développer davantage.
Dans son intervention devant les patrons, l’ancien Premier ministre français propose un concept nouveau : un partenariat triangulaire entre l’Algérie, la France et la Chine, en vue d’ouvrir de nouvelles perspectives africaines où l’Algérie aura une place privilégiée.
L’Afrique, justement, ancien pré carré français, en passe de lui échapper depuis l’entrée en force de la Chine, constitue un centre d’intérêt accru pour tous les dirigeants français. Elle l’est depuis et timidement pour les dirigeants algériens et les patrons algériens qui aimeraient bien avoir des parts de marché dans le continent. Mais, il faudrait passer par la Chine, qui est en train d’enregistrer des percées remarquables.
L’ancien Premier ministre français n’a pas manqué de faire des reproches aux chefs d’entreprises françaises, en raison de la perte de terrain en Algérie, au profit des Chinois et des Turcs. Il a invité ses compatriotes à reprendre leur place en Algérie et à redoubler d’efforts en explorant toutes les possibilités de partenariat entre les deux pays.
Dominique de Villepin a également mis l’accent sur la coopération entre les PME des deux pays, notamment les entreprises créées par les jeunes. Dans ce domaine, il évoquera la clause de 51 /49% tant décriée et estimera que, dans le cadre d’une coopération entre PME des jeunes algériens et français, cette clause pourrait, au contraire, être bénéfique.
Dans une conférence centrée sur la coopération économique algéro-française, l’ancien Premier ministre français a plaidé pour une intégration euro-méditerranéenne, un peu comme l’ancien président français, Nicolas Sarkozy, avec son projet de l’union pour la Méditerranée qui est resté au stade de vœu pieux.
Mais, pour Dominique de Villepin, cette intégration pourrait se matérialiser à travers des projets communs concrets. Dans ce chapitre, il évoquera la création d’un comité énergétique de la Méditerranée. L’ancien responsable français parlera des énergies renouvelables qui pourraient faire de ce comité énergétique méditerranéen un exemple de réussite. A ce titre, il estimera que le potentiel de l’Algérie, en matière d’énergie solaire pourrait être bénéfique à une coopération dense entre les deux pays, dans la mesure où, explique-t-il, elle est censée créer de la richesse et des emplois, mais aussi renforcer la coopération bilatérale. Lors de sa conférence, l’ancien responsable français n’a pas caché son inquiétude de voir les parts de marché français fondre en Algérie. L’environnement des affaires en Algérie, notamment en ce qui concerne le cadre juridique, est souvent soulevé par les patrons français pour justifier leur recul, leurs hésitations. Une attitude et des justifications qui ne tiennent pas la route, en raison du fait que d’autres pays ont continué à investir et à prendre des parts importantes du marché algérien. Au sujet des investissements, l’ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt, présent à la conférence, a souligné que le Fonds d’investissement algéro-francais prévu, permettra aux PME françaises d’investir en Algérie, mais également aux entreprises algériennes d’investir en France, «ce qui changera le regard des Français vis-à-vis des Algériens, qui seront plutôt vus comme des investisseurs et des créateurs d’emplois ».
M. Driencourt a également précisé que ce Fonds permettra aux entreprises des deux pays de s’associer pour investir ensemble dans le marché africain, permettant de renforcer davantage les liens économiques entre les deux pays. A la fin de son séjour algérois, l’ancien Premier ministre français s’est prêté au jeu des questions-réponses avec des journalistes à la résidence de l’ambassadeur de France. Un exercice durant lequel il s’est dit convaincu de la nécessité pour l’Algérie et la France de continuer à raffermir leurs relations à tous les niveaux. Nous y reviendrons.