Le chef de la diplomatie se rend aujourd’hui à Alger pour une visite de travail de deux jours. Jeudi et vendredi, donc, Jean-Yves Le Drian fera avec son homologue algérien Sabri Boukadoum, qui l’a invité, le point sur les dossiers bilatéraux et la relation politique et diplomatique entre Alger et Paris.

Au sujet du déplacement de deux jours du chef du Quai d’Orsay dans notre pays, une symbolique, celle de ne pas tenir compte de la crise sanitaire qui restreint les déplacements officiels même les plus importants et d’aller au contact physique avec les responsables algériens, le chef de l’Etat à leur tête, qui prévoit de recevoir en audience M. Le Drian au siège de la Présidence. Un contexte, également, celui des développements récents au Mali où il a été procédé, contre la libération de l’humanitaire Sophie Petronin, à la libération de plus 200 djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSM), lié à El-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Une affaire mal perçue par Alger, dont la doctrine antiterroriste est de ne pas souscrire à la demande de rançon ou de répondre favorablement au chantage des prises d’otage et sur laquelle, bien qu’elle concerne le pouvoir de transition au Mali qui a négocié la transaction pour libérer également l’homme politique Soumaïla Cissé, il y aura probablement des discussions. Cela, en raison du mauvais signal envoyé aux groupes terroristes actifs au Mali et dans la bande sahélo-sahélienne.
La venue du chef de la diplomatie française à Alger, la troisième après celle de janvier et mars derniers, devra être l’occasion d’échanger sur une meilleure régulation du bilatéral algéro-français après la nomination de deux nouveaux ambassadeurs, le Français François Gouyette à Alger, l’Algérien Antar Daoud à Paris, les deux diplomates étant chargés de relancer une relation en dents de scie et surtout en attente d’une cruciale mise à jour en ce qui concerne la question historique et mémorielle liée à la période de la colonisation.
Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, hier, le déplacement de M. Le Drian s’inscrit «dans le cadre des consultations régulières inscrites à l’agenda politique et économique convenu entre l’Algérie et la France pour l’année 2020». Il «permettra de faire le point sur les avancées enregistrées, de part et d’autre, dans la coopération bilatérale marquée ces derniers mois par la concrétisation d’échéances importantes telles que la 6e session du Comité mixte économique algéro-français, tenue à Alger le 12 mars 2020». Cette visite donnera également lieu à «un échange de vues sur les questions régionales et internationales d’intérêt commun, notamment la situation au Sahara occidental, le dossier malien et la situation dans la région du Sahel ainsi que la crise en Libye, dont le règlement sera au centre des discussions entre les deux parties», selon le communiqué du ministère des Affaires étrangères. <