La crise des visas pour les Algériens qui veulent se rendre en France est réglée après une longue période marquée par le refus généralisé et systématique essuyé par les demandeurs suite à la restriction drastique décidée par les autorités françaises qui ont mal pris le manque de coopération de la part des autorités algériennes dans l’expulsion des clandestins algériens frappés d’obligation de quitter le territoire français.

PAR NAZIM B.
L’annonce a été faite hier par le ministre français, Gérald Darmanin, au dernier jour de sa visite en Algérie, qui a fait état d’un «retour à la situation normale», ce qui ouvre une nouvelle étape dans ce dossier.
«Nous avons repris une relation consulaire normale, celle qui existait avant la pandémie de Covid-19 et ce concernant la relation sur les visas et d’échanges entre nos populations» pour qu’ils soient à «la hauteur de la relation amicale extrêmement forte et spécifique entre la France et l’Algérie», a déclaré Gérald Darmanin, à l’issue de l’audience qui lui a accordée le président Abdelmadjid Tebboune.
Le ministre français a ajouté que la décision de lever les restrictions sur la délivrance des visas aux ressortissants algériens est «effective depuis lundi dernier», relevant que les deux parties ont décidé de le faire «ensemble». La fin de la crise des visas France pour les Algériens conforte incontestablement le réchauffement des relations entre l’Algérie et Paris comme l’atteste la succession des visites de responsables français à Alger ainsi que les échanges réguliers de communications entre les deux chefs d’Etats.
Avant-hier, M. Tebboune a reçu un appel téléphonique de son homologue français lors duquel ils ont évoqué les relations bilatérales et les perspectives de coopération entre les deux pays, selon un communiqué de la Présidence.
Les deux présidents ont échangé, à l’occasion, les points de vue concernant la «situation en Libye et dans la région du Sahel, ainsi que sur d’autres questions régionales et internationales d’intérêt commun», a conclu la même source.
La levée des restrictions dans la délivrance des visas France pour les Algériens s’inscrit également en droite ligne du contenu de la déclaration d’Alger signée au mois d’aout dernier à l’occasion de la visite officielle du président français en Algérie.
Conscientes que les liens humains constituent le vecteur, par excellence, de la redynamisation effective du partenariat bilatéral, les deux parties conviennent d’engager une réflexion pour bâtir des solutions concrètes et opérationnelles à même de répondre à leurs attentes respectives pour que la circulation des personnes entre les deux pays soit organisée et encadrée pour être pleinement respectueuse des lois, intérêts et contraintes du pays d’accueil tout en favorisant des échanges humains liés aux dynamiques économique, sociale, académique et touristique entre deux pays et deux sociétés partageant des liens multiples, est-il indiqué dans le chapitre dit de «Dimension humaine et mobilité»
Les deux parties conviennent de «définir les contours d’une plus grande coopération dans ce domaine, avec pour objectif d’encourager la mobilité entre les deux pays, notamment pour les étudiants, entrepreneurs, scientifiques, universitaires, artistes, responsables d’associations et sportifs, permettant de conduire davantage de projets communs», est-il écrit dans le même document.
A travers ce document, les deux parties se sont engagées à valoriser le potentiel que représentent la communauté algérienne en France et les citoyens binationaux dans le développement de la relation bilatérale et à appuyer les projets que ces acteurs portent en ce sens en Algérie comme en France. A noter qu’avant d’être reçu par le chef de l’Etat, M. Darmanin s’est entretenu avec le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Brahim Merad. L’entretien a porté sur les questions liées au secteur de l’Intérieur dans les deux pays, ainsi que les voies et moyens de renforcer la coopération bilatérale dans ce domaine. <