C’est aujourd’hui que l’historien français Benjamin Stora remet officiellement au président français Emmanuel Macron le rapport qu’il a commandé sur la question mémorielle relative à la Guerre de libération.

L’historien est considéré comme l’un des grands spécialistes de l’histoire de l’Algérie et du Maghreb à l’époque coloniale, très médiatisé aussi et réputé d’avoir l’oreille du locataire de l’Elysée sur les sujets relevant de son champ de compétence. Le rapport qu’il remettra au président Macron répond à la mission de «dresser un état des lieux juste et précis du chemin accompli en France sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie», selon un communiqué de l’Elysée après la désignation de M. Stora.
Côté algérien, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a chargé le directeur des archives nationales, Abdelmadjid Chikhi, qui n’est pas historien mais un acteur de la Guerre de libération, qui occupe aussi la fonction de conseiller à la présidence pour les questions d’archives et de mémoire, de travailler sur la question mémorielle, de concert avec Benjamin Stora, dans une démarche commune et concertée des deux chefs d’Etat. Le chef de l’Etat a souhaité que MM. Stora et Chikhi accomplissent «leur travail dans la vérité, la sérénité et l’apaisement pour régler ces problèmes qui enveniment nos relations politiques, le climat des affaires et la bonne entente».
«Il n’est pas question d’écrire une histoire commune de l’Algérie, mais d’envisager des actions culturelles sur des sujets précis, à déterminer, comme par exemple les archives ou la question des disparus», avait expliqué en août Benjamin Stora qui devait rencontrer Abdelmadjid Chikhi, mais la pandémie de la Covid-19 est passée par là, selon certaines indiscrétions.
La publication éventuelle du rapport devrait servir de nouveau marqueur du bilatéral algéro-français dans lequel le passé colonial figure parmi les dossiers frappés du sceau du contentieux. Alger attend de Paris qu’on lui remette «la totalité» des archives de la période coloniale (1830-1962) la concernant. «L’Algérie réclame la totalité de ses archives, dont une grande partie se trouve en France, qui a toujours avancé de faux prétextes, comme par exemple la déclassification de nombre d’archives pourtant réunies depuis plusieurs décennies», a plusieurs fois déclaré M. Chikhi. La France a restitué à l’Algérie une partie des archives qu’elle conservait, mais a gardé la partie concernant l’histoire coloniale et qui relève, selon elle, de la souveraineté de l’Etat français. A suivre.