Le Président de la République Abdelmadjid Tebboune a abordé à nouveau, dimanche soir, la question mémorielle entre Alger et Paris, réaffirmant sa volonté de voir «restituer les archives relatives à la période coloniale», ainsi que les «restes mortuaires des résistants» à l’occupation française, dont le nombre avoisine «la centaine». La question de la mémoire «une condition pour le rétablissement de bonnes relations paisibles et apaisées», est-il ajouté, avait pour rappel fait la une de l’actualité en juillet dernier avec la restitution par la France des restes de 24 combattants morts durant les premières années de la colonisation.
En ce sens, le Président de la République, qui répondait dimanche aux questions de journalistes dans un entretien diffusé par la Télévision nationale, a fait savoir que la position du président Emmanuel Macron et de «certains de ses conseillers» était positive. Le président français affiche une «disponibilité et de la bonne foi quant à la résolution de ce problème». Abdelmadjid Tebboune a néanmoins précisé que les questions bilatérales liées à la mémoire et l’Histoire restaient des sujets «complexes». Les dernières avancées ont ainsi suscité débats et clivages en France, le Président algérien pointant du doigt un «lobby» hostile à la «souveraineté» de l’Algérie «qui se nourrit de la haine et rêve de retrouver le paradis perdu». Saluant par ailleurs la nomination en France de l’historien Benjamin Stora en tant que chargé de mission sur «la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie», il est rappelé que l’Algérie avait de son côté nommé le Directeur des archives nationales Abdelmadjid Chikhi, dans le but de travailler sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie, et favoriser de par leurs conclusions et conseils la réconciliation entre les deux pays. Abdelmadjid Tebboune faisant en ce sens savoir que la question de l’histoire était le seul point de discorde entre la France et l’Algérie : «si nous allons vers le règlement des problèmes liés à la mémoire en apaisant les choses, je pense que demain il n’y aura aucun conflit entre nous et l’Etat français». Quant à la création d’une chaîne de télévision thématique dédiée à l’Histoire, le Président de la République a annoncé qu’elle sera lancée le 1er novembre prochain et traitera, entre autres, de toutes les questions de l’histoire coloniale de la France en Algérie. Ajoutant en substance, elle abordera le «passé et le présent».R. N.