L’historien français Benjamin Stora faisait partie des invités étrangers, présents au défilé militaire qui s’est déroulé mardi à Alger, à l’occasion du 60e anniversaire de l’Indépendance. Le spécialiste de la guerre d’Algérie avait pris place dans la tribune réservée aux hôtes de l’Algérie dans le costume de représentant du président français Emmanuel Macron, qui l’avait chargé de préparer un rapport sur l’histoire de la colonisation française en Algérie.
C’est en tous les cas ce que laisse entendre la réception que lui a accordée, hier, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, durant laquelle M. Stora a remis un message de Macron au chef de l’Etat, selon la Présidence de la République. «Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a reçu l’historien français, M. Benjamin Stora, en visite en Algérie pour assister à la célébration du 60e de l’Indépendance, qui lui a remis, à cette occasion, un message écrit du président français, M. Emmanuel Macron», indique le communiqué, cité par l’APS.
Et si le contenu intégral du message n’a pas été dévoilé, ses grandes lignes figurent, par contre, dans une dépêche de l’AFP publiée depuis lundi, la veille du 5 Juillet. Celles-ci s’inscrivent en droite ligne avec les efforts consentis par les présidents des deux pays pour passer à une étape de renforcement des liens, après le gel qui avait marqué leurs relations pendant de nombreux mois et qui avait été provoqué par les déclarations de Macron sur l’histoire de l’Algérie.
Aussi, pour avoir été adressé à l’Algérie, précisément à l’occasion du 60e anniversaire de l’Indépendance, le message du Président français a eu pour orientation exclusive la question de la mémoire pour laquelle il s’est engagé à faire plus. Après avoir indiqué que «l’anniversaire des 60 ans de l’Indépendance de l’Algérie, le 5 Juillet 2022, est l’occasion pour le Président de la République d’adresser par une lettre au Président Tebboune ses vœux au peuple algérien et de dire son souhait que se poursuive le renforcement des liens déjà forts entre la France et l’Algérie», a indiqué la présidence française, l’Elysée souligne qu’Emmanuel Macron «réitère, en outre, son engagement à poursuivre sa démarche de reconnaissance de la vérité et de réconciliation des mémoires des peuples algérien et français». Soixante années après l’indépendance de l’Algérie, les plaies causées par les 130 années de colonisation française demeurent toujours ouvertes, et les gestes du Président français pour apaiser les mémoires restent nettement insuffisants, voire insignifiants par rapport à l’ampleur des crimes commis par l’armée française contre le peuple algérien.
La tâche semble ardue à accomplir dans un dossier lourd d’histoire et de faits douloureux. En témoigne d’ailleurs l’accueil mitigé réservé au rapport de Benjamin Stora, remis au président français en janvier 2021, et auquel il est reproché d’avoir occulté les crimes coloniaux et tenté de résumer le dossier de la Mémoire dans le cadre d’une célébration symbolique pour tourner la page de la reconnaissance et du pardon.