Les pays européens, dont ceux de l’Union européenne, sont restés largement en tête des partenaires commerciaux de l’Algérie en 2019, totalisant 58,14% de la valeur globale des échanges commerciaux effectués par notre pays avec l’ensemble des régions du monde, selon les statistiques fournies par la direction des études et de la prospective des Douanes (DEPD).

Durant l’année écoulée, 63,69% des exportations algériennes ont pris la destination Europe, contre 53,40% d’importation venant de cette région.
Toutefois, les échanges entre l’Algérie et son principal partenaire ont connu une forte baisse durant l’année écoulée, s’établissant à 45,21 milliards de dollars USD, contre 51,96 milliards USD l’année d’avant, soit un recul de 13% qui témoigne assez explicitement de l’impact des mécanismes mis en place par les pouvoirs publics pour réduire de la facture des importations, mais aussi de la baisse de la valeur de nos exportations en direction du Vieux Continent.
En effet, la baisse de plus de 6 mds usd affichés par le compteur des échanges entre l’Algérie et les pays européens est quasi-équitablement partagée par les deux parties. En chiffres, l’Algérie a vendu pour 22,81 milliards USD en 2019, contre près de 26,55 milliards USD en 2018, en baisse de (-14,08%), alors que l’Europe a exporté vers l’Algérie pour 22,39 milliards USD, contre près de 25,41 milliards USD (-11,87%).
Ceci étant, si les ventes européennes restent très diversifiées et touchent plusieurs filières et branches, les exportations algériennes demeurent nettement dominées par le secteur gazier. On est donc loin des bilans qui rendaient compte d’échanges commerciaux constamment en hausse entre l’Algérie et les pays européens, notamment ceux effectués avec ses principaux partenaires que sont la France, l’Italie, l’Espagne et la Grande-Bretagne. Ces pays, et d’autres partenaires aussi, risquent même de voir leurs parts d’exportations vers l’Algérie diminuer encore davantage en 2020, sachant que le gouvernement, à travers ses ministères concernés, a été instruit par le Président de la République de rationaliser les dépenses versées au compte des achats d’outre-mer. Une rationalisation qui passe par l’abandon de produits et matières premières importés alors qu’ils sont disponibles localement. Sur ce registre, nous pouvons citer le cas de la filière boissons qui a fait l’objet d’une rencontre, samedi, entre le ministre du Commerce, Kamel Rezig, et le président de l’Association des producteurs algériens de boissons (Apab), Ali Haman, axée sur l’augmentation des taux d’intégration du produit local. «Une nécessité devant être concrétisée selon les exigences du marché et les normes internationales de qualité avec la focalisation, en premier lieu, sur les matières premières produites localement», a soutenu M. Rezig.
Les ventes européennes à l’Algérie risquent également de subir un sérieux coup une fois nos importations de kits CKD-SK automobiles arrêtées comme l’a fraîchement laissé entendre, voire confirmé, Abdelemadjid Tebboune dans une interview accordée au journal français le Figaro. Sur ce registre, peuvent être cités en premier, les cas de Renault, du groupe Volkswagen et Renault Trucks, auxquels les usines européennes livrent les kits pour leurs usines installées en Algérie.
Les principaux partenaires européens de l’Algérie se voient, par ailleurs, confrontés à un rapprochement entre la Turquie et notre pays, sur fond d’ambitions de porter les volumes des échanges commerciaux et bilatéraux à 10 milliards USD, à court terme. C’est le montant évoqué lors de la récente visite en Algérie du Président turc Recep Tayyip Erdogan.
Si ce montant colossal est atteint, il le sera sans doute au détriment d’autres partenaires, dont principalement ceux issus de l’UE qui tirent les dividendes de l’Accord d’association entré en vigueur en 2005 sans réellement avantager l’Algérie.
Algérie-Afrique : l’opportunité Zlecaf
Derrière l’Europe, les pays de l’Asie ont, eux aussi, conservé leur seconde place parmi les partenaires de l’Algérie. Mais avec un recul également qui a fait baisser le volume des échanges commerciaux entre les deux parties à 18,60 milliards USD, contre 19,06 milliards USD (-2,44%). Les pays d’Asie ont acheté des produits algériens pour un montant de 6,42 milliards USD, contre 5,77 milliards USD à la même période de comparaison, enregistrant ainsi une augmentation de 11,28%. Les importations algériennes de l’Asie, quant à elles, ont reculé de 8,40%, pour atteindre une valeur de 12,17 milliards USD, contre 13,29 milliards USD. La Chine, l’Inde, l’Arabie Saoudite et la Corée sont les principaux pays partenaires de l’Algérie dans cette région du monde, selon les Douanes.
Les échanges commerciaux entre l’Algérie et les autres régions géographiques du monde (Amérique, Afrique, Océanie) restent «toujours marqués par de faibles proportions», relève la DEPD. Dans le cas de l’Afrique, les mêmes statistiques font ressortir une toute légère amélioration de 1,55% qui ne change en rien la faiblesse de la valeur des échanges entre notre pays et les autres pays du continent. Lesquels échanges ont totalisé tout juste 3,51 milliards USD en 2019, contre 3,46 milliards USD en 2018.
Les pays africains, dont les pays de l’Union du Maghreb Arabe (UMA), ont acheté des produits algériens pour un montant de près de 2,17 milliards USD, contre près de 2,18 milliards USD, en baisse de 0,56%. L’Algérie, par contre, a importé de cette région pour une valeur de près de 1,34 md usd, contre 1,27 milliards USD, soit une augmentation de 5,16%. Les principaux partenaires du pays durant cette période sont l’Egypte, la Tunisie et le Maroc.
La légère amélioration pourrait toutefois être plus conséquente dans l’avenir si l’offensive, menée depuis près de deux années par l’Algérie en direction des marchés africains, trouve l’écho souhaité, notamment à travers l’opportunité de la Zone de libre change continentale africaine (Zlecaf).