Le président Tebboune a reçu, hier lundi à Alger, le général Stephen Townsend, chef du commandement des Etats-Unis pour l’Afrique (AFRICOM). Selon un communiqué de la présidence de la République, la rencontre entre le chef de l’Etat et le chef de l’Africom a permis «d’examiner les moyens de promouvoir les relations de coopération dans divers domaines liés à l’activité de l’Africom et de passer en revue les développements enregistrés dans la région, en particulier la sécurité au Sahel et les moyens de renforcer les capacités des pays de la région, notamment en matière de lutte contre le terrorisme».

Par Salim Bennour
Les échanges entre les deux parties ont eu lieu «en présence du Général de Corps d’Armée, Chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), Saïd Chanegriha, et du directeur de Cabinet à la présidence de la République, Abdelaziz Khellaf», a indiqué le communiqué.
Le général Stephen Townsend, commandant de l’US Africa Command, est en tournée dans la région. Le 23 septembre dernier, il s’est rendu à Bamako au Mali en compagnie du commandant adjoint du US Africa Command pour l’engagement civilo-militaire, l’ambassadeur Andrew Young. Pendant son séjour à Bamako, M. Townsend a rencontré l’ambassadeur des États-Unis au Mali Dennis Hankins, le président de transition malien Assimi Goita et le ministre malien de la Défense Sadio Camara.
Lors de discussions avec le président de transition Goita, le chef de l’Africom a réaffirmé que le Commandement américain pour l’Afrique est solidaire des forces armées maliennes et du peuple malien dans leur lutte contre le terrorisme et l’extrémisme armé. Ces échanges sont intervenus dans un contexte où la situation géopolitique au Mali connait des développements importants marqués notamment par le redéploiement de la force française Barkhane – sujet de contentieux entre Paris et Bamako – et l’annonce d’un probable contrat sécuritaire entre l’autorité de transition malienne et le groupe sécuritaire privé russe Wagner, une négociation qui inquiète aussi bien les partenaires européens, onusiens qu’américains. On suppose, donc, que les échanges que le chef de l’Africom a eu hier avec la partie algérienne ont dû porter, en partie, sur la vision qu’à Alger de ces développements et de l’avenir de l’accord d’Alger portant sur la normalisation politique et sécuritaire dans ce pays voisin du Sahel.
A Bamako, le général Towsend et le président Goïta ont discuté de la nécessité pour le gouvernement de transition de respecter son engagement de tenir des élections crédibles et transparentes et de transférer le pouvoir à un gouvernement démocratiquement élu d’ici avril 2022. «Le Mali est à un moment critique», a déclaré l’ambassadeur Young. «Le meilleur moyen de faire progresser la sécurité et la prospérité du Mali est de revenir à un gouvernement démocratique dirigé par des civils qui répond aux besoins du peuple malien», a-t-il ajouté.
Dimanche 26 septembre, présent à New York pour l’Assemblée générale de l’ONU, le Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga a laissé entendre que les élections présidentielle et législatives prévues au Mali le 27 février 2022 pourraient être reportées de quelques semaines ou de quelques mois. Cette décision, a-t-il dit, sera prise à l’issue des Assises nationales de la Refondation, prévues fin octobre prochain. À l’issue des Assises, «nous sortirons avec un agenda plus détaillé», a-t-il ajouté. «Il vaut mieux organiser des élections apaisées, reconnues par tous, plutôt que d’organiser des élections avec des contestations», a insisté le Premier ministre. <