L’Algérie espère la « compréhension » de ses fournisseurs traditionnels quant aux mesures de sauvegarde commerciales prises par le gouvernement pour rééquilibrer la balance des paiements, a déclaré mardi à Alger le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, lors du forum d’affaires algéro-espagnol.

« Nous savons que ces mesures pèseront transitoirement sur les exportations de nos fournisseurs traditionnels, et nous espérons leur compréhension », a souligné le Premier ministre dans son allocution prononcée lors de ce forum en présence du Président du Gouvernement espagnol, M. Mariano Rajoy Brey. « Je me dois de vous dire que l’Algérie traverse une période difficile financièrement du fait de la chute des prix des hydrocarbures qui ont gravement affecté sa balance des paiements », a-t-il expliqué. Devant cette situation, « le gouvernement, qui a décidé de préserver la dynamique de croissance économique et de développement social et culturel, a pris les mesures qui s’imposaient, notamment des dispositions transitoires de sauvegarde en matière de commerce extérieur », a-t-il poursuivi. « Ces mesures pèsent sur nos relations et nous espérons votre compréhension dans le cadre de la solidarité », a-t-il ajouté lors de cette rencontre algéro-espagnole. M. Ouyahia a, toutefois, soutenu que ces mesures de sauvegarde commerciales constituaient « de nouveaux incitatifs à investir en Algérie où les opportunités sont multiples alors que le savoir-faire des entreprises espagnoles est varié également, y compris dans divers domaines inexplorés encore dans notre pays, tels que le management des infrastructures touristiques ou le développement des énergies solaires et éoliennes ». Ainsi, a-t-il fait valoir, l’Espagne pourrait ainsi compenser son manque à gagner commercial par les dividendes que rapatrient ses entreprises qui s’engagent en Algérie. « Quant aux critiques surannées sur l’environnement des affaires en Algérie, je voudrais relever que cela n’a pas empêché la venue de centaines d’investisseurs d’autres régions qui sont en train de prospérer en Algérie, prenant ainsi de l’avance sur leurs concurrents », a affirme le Premier ministre. « Je dresse devant vous avec franchise ce constat de nos relations d’affaires, car c’est le langage qui sied, de mon point de vue, à des partenaires très proches et à des amis que nous sommes, des partenaires et des amis en devoir de faire plus dans l’intérêt mutuel et avec des avantages réciproques », a-t-il insisté. Par ailleurs, il a avancé que les relations politiques, la coopération et les échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Espagne « offrent de grands motifs de satisfaction, ce qui, malheureusement, n’est pas encore le cas en ce qui concerne les investissements ». En effet, hors secteur des hydrocarbures, la présence économique espagnole en Algérie demeure encore  »modeste » avec 47 partenariats seulement conclus en 15 années pour un montant de moins de 2 milliards d’euros, a-t-il rappelé. A ce propos, il a signalé qu’il avait été aussi enregistré la venue de plus de 500 entreprises espagnoles depuis l’année 2000, mais qu’elles étaient là pour des contrats de réalisation et sont reparties une fois leurs chantiers achevés. Pourtant, a-t-il tenu à préciser aux partenaires espagnols, « l’Algérie est un marché de plus 40 millions de consommateurs, c’est un pays en construction qui réalise une croissance de plus de 3% hors hydrocarbures, un pays riche d’une jeunesse formée constituant une force de travail de qualité, un pays dont le niveau des salaires, le coût de l’énergie et les encouragements fiscaux à l’investissement sont autant de facteurs attractifs ». A tout cela, a poursuivi M. Ouyahia, s’ajoutent pour les opérateurs économiques espagnols, les avantages de la proximité géographiques et de l’existence de nombreuses liaisons maritimes et aériennes.