Deux conventions financières ont été signées, hier à Alger, entre le ministère des Finances et des établissements financiers espagnols pour la modernisation du système d’information et des marchés financiers. Leur financement sera imputé sur le Fonds hispano-algérien de développement de la convention de conversion de la dette algérienne vis-à-vis de l’Espagne.

Le premier projet sera réalisé au profit de la Bourse d’Alger pour un montant de 5 millions d’euros. Il porte sur l’informatisation des systèmes de paiement de la Direction générale de comptabilité. Il a été signé par le Directeur général de la comptabilité auprès du ministère des Finances, Mohamed Larbi Ghanem, et les responsables d’AFI ainsi que de RSI et de Nessa, lesquels sont des bureaux d’études espagnols spécialisés dans l’informatique des banques et la modernisation des systèmes financiers.
Tout en favorisant les échanges électroniques dans un environnement sécurisé, ce projet consiste en l’acquisition d’une solution comportant des logiciels, des matériels et des services conformes aux normes adoptés par la Banque d’Algérie afin de dématérialiser les instruments de paiement. D’une valeur de 7,2 millions d’euros et portant sur l’acquisition des systèmes d’information des marchés financiers (Bourse d’Alger et les intermédiaires financiers), le second contrat a été conclu entre la Direction générale du Trésor et le consortium espagnol BME Innova-AFI (Analistas financieros internacionales). BME Innova est la filiale de Bolsas Mercados Espagnole, gestionnaire des marchés des valeurs mobilières en Espagne, alors que l’AFI est un bureau d’études spécialisé dans la consultation et l’expertise financières. Pour le Directeur général de la Bourse d’Alger, Yazid Benmouhoub, les avantages du système d’information pour le suivi des opérations financières au niveau de la Bourse d’Alger sont grands.
«Nous avons un système en place, mais avec le développement du marché boursier, il risque d’être dépassé et ne pourra plus répondre aux besoins.
C’est pour cette raison que nous avons décidé de migrer vers des standards internationaux», a affirmé Yazid Benmouhoud. Pour ce faire, «nous allons travailler avec les Espagnols pour mettre en place un système d’information, de cotation, de règlement-livraison pour le marché boursier. On pourra passer à une cotation continue pour recevoir le maximum d’informations dans les transactions», a-t-il précisé. Le second partenariat signé entre les deux parties porte sur la mise en place d’un système d’information inhérent à la télé compensation et la dématérialisation des chèques de banque.
«Ce projet vise à la réduction des délais de paiement des valeurs. C’est surtout la mobilisation rapide de la recette et donc une trésorerie immédiate de l’Etat», a souligné le Directeur général de la Comptabilité, Ali Tafni.
Selon l’orateur, la réalisation a été confiée à un groupement d’entreprises espagnoles en collaboration avec des experts du ministère des Finances.
Le délai de livraison des deux projets est fixé à 18 mois. Dans son allocution, M. Boudiaf a expliqué que ces projets entraient dans le cadre d’un accord signé entre l’Algérie et l’Espagne portant sur la conversion de la dette algérienne vis-à-vis de l’Espagne, et ce, pour la réalisation des projets de développement considérés comme prioritaires par les deux parties.
«Ces projets seront réalisés, conformément aux clauses de cet accord, par des sociétés espagnoles dont le savoir-faire est reconnu et apprécié», a souligné le ministre délégué. En relevant que ces deux accords seront d’un «apport considérable» pour la modernisation du marché financier algérien, M. Boudiaf a avancé qu’ils constituaient aussi «un jalon supplémentaire» pour le renforcement de la coopération entre l’Algérie et l’Espagne.
Pour sa part, l’ambassadeur d’Espagne à Alger a estimé que ces accords confirmaient l’excellent niveau des relations bilatérales entre son pays et l’Algérie, que ce soit dans les secteurs économique, politique et autres, et s’est réjoui de la participation des entreprises espagnoles dans la modernisation du système financier algérien. Pour rappel, l’Algérie et l’Espagne avaient également signé, en octobre dernier, une convention portant sur la conversion d’une partie de la dette algérienne, détenue par l’Espagne, en investissements agricoles dans la filière oléicole.
Cette convention prévoit de convertir une dette de sept millions d’euros détenue par l’Espagne en investissements espagnols pour l’intensification de la production oléicole à travers la mise en œuvre d’une exploitation d’une superficie de 150 hectares à M’sif (wilaya de M’sila) pour la culture intensive d’oliviers.