Par Halim Midouni
C’est aujourd’hui que prend fin le 2e Salon international des industries défensives et militaires (Egypt Defence Expo ou EDEX 2021. Inauguré le 29 novembre dernier par le président Abdel-Fattah Al-Sissi, au Centre des conférences du Nouveau Caire, cet évènement militaro-sécuritaire a réuni plus de 400 entreprises exposantes venues de 42 pays pour présenter leurs équipements et autres technologies en relation avec les systèmes d’armement et de défense.
Par rapport à l’édition inaugurale de 2018, celle de 2021 s’est distinguée par une plus forte participation de professionnels du secteur, une audience publique plus importante -30 000 visiteurs selon les organisateurs- et un intérêt particulier accordé cette fois aux forces aériennes. Un forum organisé parallèlement à l’évènement a permis un échange sur les expériences de différentes armées dans le monde et des discussions sur l’évolution des industries militaires, en présence de hauts responsables militaires, de ministres et de responsables et représentants de fabricants d’armes.
C’est dans ce sens que le Général de Corps d’Armée, Saïd Chanegriha, Chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), s’est rendu, à l’invitation de l’Egypte, à cet évènement à la tête d’une importante délégation pour s’enquérir «de près des différents armements et systèmes d’armes modernes exposés», a indiqué un communiqué du ministère de la Défense nationale. Le Chef d’état-major de l’Armée algérienne a été reçu, à cette occasion, en audience par le Général de Corps d’Armée, Oussama Askar, Chef d’état-major des Forces armées égyptiennes.
Au dernier jour du salon, Saïd Chanegriha a été également reçu par le Général d’Armée, Commandant en chef des Forces armées, ministre de la Défense et de la Production militaire égyptienne, Mohamed Ahmed Zaki Mohamed. Selon un communiqué du ministère de la Défense nationale, le Chef d’état-major de l’ANP a remis à son hôte un important document militaire relatif à la participation de l’ANP, représentée par «la 8e Brigade Blindée», à la guerre d’octobre 1973. Saïd Chanegriha a, par la suite, poursuivi sa tournée des stands du Salon où il a visité celui de la Fédération de Russie et s’est enquis de près des différents systèmes d’armes et des nouvelles technologies militaires exposés. Il a également visité le stand des Emirats arabes unis, où il a reçu des explications exhaustives, présentées par les représentants des sociétés de production», selon la même source. Parmi les temps forts du séjour du Chef d’état-major de l’ANP au Caire, la visite de l’Académie militaire supérieure Nasser ainsi que celle de l’Ecole de guerre.
Avec ses homologues, Saïd Chanegriha a évoqué la situation en Afrique du Nord et dans l’espace sahélo-saharien, ainsi que les multiples menaces multidimensionnelles susceptibles de déstabiliser la région toute entière, indiquent les communiqués du ministère de la Défense nationale, au sujet de son voyage cairote. Parmi les menaces potentielles, celles que présentent la Libye et l’incertitude qui pèse sur son calendrier électoral. Pour Alger comme pour le Caire, qui ont pourtant des perceptions et des options différentes sur le pays voisin et les acteurs sur le point de se présenter au scrutin présidentiel du 24 décembre prochain, la Libye représente pour eux un motif d’inquiétude commun. Les relations historiques qui lient les deux pays et leurs armées leur permettent une convergence de vues et sans doute des initiatives d’entraide en cas de nouveau scénario d’instabilité avant ou après l’échéance électorale prévue à la fin du mois courant.
Fin août 2021, lors d’une réunion des Etats du voisinage libyen à Alger, le chef de la diplomatie Ramtane Lamamra avait déclaré craindre, qu’à l’issue du processus de transition dans le pays voisin, se produise au détriment des pays de la sous-région une dissémination des groupes armés à la solde des parties libyennes rivales. Ainsi, il a rappelé que l’une des revendications essentielles de l’Algérie, outre la consolidation du dispositif politico-institutionnel en cours de structuration, porte sur le départ de ces groupes. «Le retrait des mercenaires, des terroristes et des forces irrégulières est une question fondamentale qui conditionne le succès des élections. La Libye est la première victime de ces éléments irréguliers et le risque est réel que d’autres pays voisins soient également victimes si le retrait des mercenaires ne s’effectue pas de manière transparente, organisée et sous le contrôle et la responsabilité de la communauté internationale», avait-il déclaré.