Les opportunités de partenariat entre hommes d’affaires algériens et sud-coréens sont multiples, notamment dans les secteurs où les Coréens excellent, à savoir la microélectronique et l’industrie mécanique. Dans cette optique, les gouvernements des deux pays s’engagent à passer à un niveau supérieur de coopération.

C’est d’ailleurs ce qu’ont confirmé le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia et son homologue coréen Lee Nak-Yeon, dans les discours qu’ils ont prononcés tour à tour à l’ouverture des travaux de la 5e session du Forum d’affaires algéro-sud-coréen qui ont débuté, hier à Alger, sous la présidence d’Ahmed Ouyahia. Ce dernier a fait remarquer à l’importante délégation coréenne, composée notamment d’hommes d’affaires et de chefs d’entreprise, que «l’investissement coréen en Algérie reste modeste et pourtant, nous offrons des avantages extraordinaires ». Estimant par là que les deux parties ont toutes à gagner à fructifier le partenariat. Et d’ajouter dans ce sens, « le gouvernement algérien vous invite à investir davantage chez nous », tout en leur précisant au passage que l’Algérie de par sa position géographique est une porte sur le marché africain. Il avancera également qu’il devient « intéressant d’étudier comment renforcer le partenariat entre nos deux pays ». Le chef de l’Exécutif algérien a conclu son intervention en ces termes : «J’espère qu’au terme de ce forum seront conclus plusieurs accords.» De son côté, Lee Nak-Yeon a exhorté les entreprises des deux pays « à redoubler d’efforts dans la perspective de conclure des contrats de partenariats ». Comme il a conseillé les hommes d’affaires de son pays «à viser le marché africain à partir de leurs investissements réalisés en Algérie». A l’adresse du comité d’entrepreneurs coréens installés en Algérie, il a demandé à ce qu’il renforce son activité. Le Premier ministre coréen ne s’est pas, par ailleurs, empêché de faire remarquer que « depuis 2006, année où les deux pays ont signé une convention de partenariat stratégique faisant de l’Algérie le premier pays africain ayant signé un accord de ce genre avec le pays du Matin calme, qu’aucune avancée intéressante n’a été enregistrée». «Et pourtant, les opportunités de partenariat sont multiples», a-t-il déploré. Comme il a ajouté dans ce sens : «Si le volume des échanges a doublé depuis 2006 par contre, la vitesse ne s’est guère accélérée. » Il a enfin espéré que cela changera d’autant que c’est à la portée des deux pays. Revenant sur l’accord stratégique qui lie l’Algérie et la Corée, il rappellera qu’à travers cet accord, les deux pays ambitionnent de promouvoir leurs relations multiformes à un plus haut niveau et à renforcer leur coopération dans les domaines politique, économique, financier, culturel, scientifique et technologique, ainsi que dans tous les autres domaines d’intérêt commun. Il vise également à renforcer leur coopération sur la scène internationale. Il a observé que l’Algérie était le seul pays d’Afrique avec lequel la République de Corée avait signé un accord de partenariat stratégique en 2006, tout en admettant que les deux pays n’ont pas échangé suffisamment pour être à la hauteur de leur partenariat stratégique. « L’Algérie possède le plus grand territoire en Afrique et le troisième plus important gisement pétrolier du Continent. Si la Corée du Sud peut contribuer à donner un nouvel élan à l’économie algérienne, cela constituera un immense honneur pour le peuple coréen », a-t-il dit. Enfin, M. Lee a annoncé la tenue en 2019 de la réunion du Comité mixte algéro-sud coréen dont la dernière rencontre remonte à 2007 : « Cette rencontre sera une occasion importante pour passer à l’examen de la coopération en cours et relever ensemble de nouveaux défis ». Présent à ce forum, le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, a affirmé que la forte présence d’hommes d’affaires et de chefs d’entreprise sud-coréens renseigne sur l’importance accordée par ces derniers au marché algérien. Il a lui aussi affirmé la volonté des deux pays de renforcer leur coopération et de lui impulser une nouvelle dynamique basée sur le partenariat mutuellement bénéfique. De son côté, le président de la Chambre de commerce sud-coréenne, Young Jim Kim, a incité les investisseurs des deux pays à saisir les opportunités d’affaires, et ce, en République de Corée et en Algérie.
Selon lui, quelque 900 réunions de la «Task force» algéro-sud coréenne, créée dans le sillage de l’accord de partenariat stratégique conclu entre les deux pays en 2006, avaient eu lieu dans le but de booster la coopération bilatérale. Pour sa part, le président de la Chambre de commerce et d’Industrie (Caci), Mohamed Laïd Benamor, a affirmé que le travail commun n’a jamais cessé entre les deux parties pour concrétiser leur volonté de coopérer ensemble notamment dans le domaine économique.
Selon lui, les échanges et les rencontres directs restent un moyen efficace pour déceler les opportunités d’investissement et les secteurs à exploiter pour parvenir à nouer des partenariats mutuellement bénéfiques. Pour rappel, la Corée du Sud est l’un des principaux partenaires commerciaux de l’Algérie avec près de 2,3 milliards de dollars d’échanges en 2017, dont près de 700 millions de dollars d’exportations algériennes et 1,6 milliard de dollars d’importations, selon les chiffres des Douanes algériennes.
Durant le premier semestre 2018, les importations algériennes de la Corée s’élevaient à 609 millions de dollars, alors que ses exportations vers ce pays étaient de 474 millions de dollars.<