Entre Alger et Rabat, le fossé se creuse de façon dangereuse suite à l’agissement «irresponsable» de la représentation diplomatique du Maroc à New York. Cette dernière a distribué récemment aux membres des pays du Mouvement des non-alignés une note officielle dans laquelle le Maroc soutient un prétendu «droit à l’autodétermination du peuple kabyle». Suite à cela, le ministère des Affaires étrangères a réagi de manière forte qualifiant la démarche marocaine de «dérive particulièrement dangereuse» de la représentation diplomatique.

PAR NAZIM B.
«La représentation diplomatique marocaine à New York a fait distribuer à tous les pays membres du Mouvement des non-alignés une note officielle dont le contenu consacre formellement l’engagement du Royaume du Maroc dans une campagne hostile à l’Algérie, à travers un soutien public et explicite à un prétendu droit à l’autodétermination du peuple kabyle», écrit le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.
Ce dernier (le peuple kabyle) «subirait», selon ladite note, «la plus longue occupation étrangère», s’étonne le ministère des Affaires étrangères, lequel estime que «cette double assertion vaut reconnaissance de culpabilité en ce qui concerne le soutien marocain multiforme actuellement accordé à un groupe terroriste connu, comme cela a été le cas du soutien aux groupes terroristes qui ont ensanglanté l’Algérie durant la décennie noire».
Pour Alger, cette communication diplomatique marocaine est «aventuriste, irresponsable et manipulatrice» et «relève d’une tentative à courte vue, simpliste et vaine, destinée à cultiver un amalgame outrancier entre une question de décolonisation dûment reconnue comme telle par la communauté internationale et ce qui n’est qu’un complot dirigé contre l’unité de la nation algérienne».
Le ministère des Affaires étrangères ajoute que «cette même communication heurte frontalement les principes et les accords qui structurent et inspirent les relations algéro-marocaines», considérant que cette communication constitue «une violation flagrante du droit international et de l’acte constitutif de l’Union africaine».
Condamnant «énergiquement» cette dérive «particulièrement dangereuse», y compris pour le Royaume du Maroc lui-même, dans les frontières internationalement reconnues, Alger estime que «dans la situation ainsi créée par un acte diplomatique douteux commis par un ambassadeur, considérant qu’il est «en droit d’attendre une clarification de la position définitive» du Maroc sur «cet incident d’une gravité extrême». Ce qui promet de nouvelles séquences dans les relations inamicales algéro-marocaines dans les semaines qui viennent. La dérive de la diplomatie marocaine a été condamnée par les formations politiques FLN, RND, Bina, MSP. Pour sa part, le diplomate Abdelaziz Rahabi avait plaidé, dès la médiatisation de l’incident, pour «une réaction forte et ferme» du gouvernement algérien. «L’appel du Maroc à la sédition en Algérie ne relève pas d’un simple acte diplomatique mais d’une action hostile à son unité et une escalade programmée dans la stratégie de la tension permanente dans la région», a écrit Abdelaziz Rahabi dans un post sur la toile. Pour lui, l’Algérie, peuple et Etat, «doit réagir avec force et fermeté». n