Le président de la République, Abdelamdjid Tebboune, et son homologue français, Emmanuel Macron, multiplient les contacts afin de faire sortir les relations entre les deux pays de la crise qui les avait marqués pendant plusieurs mois, et de leur insuffler une dynamique à valeur de renforcement et de consolidation des liens.
Une démarche sur laquelle l’ambassadeur d’Algérie en France, Antar Daoud, est revenu lors d’une cérémonie organisée, vendredi à Paris, à l’occasion de la célébration du 60eanniversaire de l’indépendance de l’Algérie. Le représentant de la diplomatique algérienne dans l’Hexagone a, en effet, mis en avant «la volonté politique et l’engagement des deux chefs d’Etat, MM. Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron, à œuvrer à la consolidation des relations algéro-françaises et à leur insuffler une dynamique nouvelle, suivant une vision rénovée, pleinement respectueuse des souverainetés et de l’équilibre des intérêts», indique un communiqué de l’ambassade d’Algérie en France.
Evènement oblige, l’intervenant a néanmoins accentué son allocution sur le «très lourd passif du système colonial» en Algérie. En présence de représentants des autorités françaises, d’élus, et députés, de membres du corps diplomatique accrédité en France, de représentants du mouvement associatif, d’amis de la révolution algérienne et d’anciens moudjahidine de la Fédération de France du FLN, la question de la mémoire ne pouvant être oubliée en cette circonstance hautement symbolique, l’ambassadeur a rappelé «l’importance accordée par l’Etat au dossier de la mémoire et l’attachement envers son capital historique, qui ne sauraient souffrir d’amnésie ou de remise en cause des souffrances, injustices et autres exactions subies par le peuple algérien».
L’intervention de Antar Daoud intervient au lendemain de la réception accordée par Abdelamdjid Tebboune à l’historien français Benjamin Stora. Le spécialiste de la guerre d’Algérie, chargé par Emmanuel Macron de préparer un rapport sur la colonisation en Algérie, faisait partie des invités étrangers présents au défilé militaire qui s’est déroulé mardi dernier, à l’occasion des festivités du soixantenaire de l’indépendance.
M. Stora était porteur d’un message du Président français au chef de l’Etat, s’inscrivant en droite ligne avec les efforts consentis par les responsables des deux pays pour passer à une étape de renforcement des liens, après le gel qui avait marqué leurs relations pendant de nombreux mois et qui avait été provoqué par les déclarations de Macron sur l’histoire de l’Algérie.
Dans cette logique, Emmanuel Macron est attendu pour une visite en Algérie. C’est lui-même qui l’a annoncé dans son message à Abdelmadjid Tebboune.
Dans ce document, M. Macron évoque une prochaine visite en Algérie sans donner de dates. «En réponse à votre invitation, je serai heureux de venir en Algérie prochainement pour lancer ensemble ce nouvel agenda bilatéral, construit en confiance et dans le respect mutuel de nos souverainetés», a-t-il, cité par l’AFP.