Le directeur central au ministère de l’Agriculture, du Développement local et de la Pêche, Amari Chérif, a assuré, lundi à Alger, qu’il «n’y aura pas de pénurie de lait en sachet notamment durant le ramadan prochain», affirmant que «toutes les mesures ont été prises pour garantir une distribution suffisante».

«Le gouvernement a pris toutes les mesures pour garantir une meilleure distribution du lait en sachet et en quantités suffisantes, notamment durant le mois de Ramadhan prochain», a indiqué M. Amari, en marge d’une rencontre organisée par la Chambre nationale de l’agriculture et l’Office national interprofessionnel du lait (Onil). Le même responsable a fait état, en outre, d’un « suivi permanent et continu des dispositions visant l’amélioration des systèmes de production et de distribution du lait en sachet, en coordination avec tous les intervenants dans cette filière vitale». Par ailleurs, M. Amari a précisé que cette rencontre s’inscrit dans le cadre des consultations visant le développement de cette filière qui, a-t-il dit «enregistre encore des lacunes que nous oeuvrons à pallier ». La rencontre a donné lieu à la présentation d’une étude de terrain réalisée par le ministère de l’Agriculture en collaboration avec l’Union européenne (UE) concernant le secteur de la production du lait à travers toutes ses phases, de la collecte à la transformation et au conditionnement. En outre, cette étude a mis en avant l’énorme soutien que l’Etat veille à apporter à cette filière vitale, depuis l’année 2000 à ce jour, dans le cadre du Plan national du développement rural. Le même responsable a fait savoir que le soutien de l’Etat à cette filière (éleveurs et transformateurs) a été renforcé  depuis 2009 à la faveur d’une feuille de route pour son développement.
«L’objectif escompté de cette étude est de trouver des alternatives efficaces pour une exploitation optimale et efficiente de la production locale du lait et l’augmentation des capacités de production », a ajouté  Amari Chérif. Cette rencontre examinera également les moyens de collecte et l’amélioration de la production du lait afin de renforcer la production locale de cette matière de large consommation et par conséquent  réduire les importations de la poudre du lait, qui figure en deuxième place après les céréales dans la facture des importations alimentaires. D’autre part, le même responsable a évoqué la tenue d’assises nationales sur le secteur agricole, le 23 avril en cours, outre l’organisation d’ateliers ouverts sur le secteur pour dégager des recommandations visant la valorisation et le renforcement du rendement du secteur pour répondre aux besoins de la consommation nationale.
Le gouvernement avait décidé récemment d’augmenter les quantités de poudre de lait fournies par l’Onil aux laiteries publiques et privées face aux pénuries apparues dans la disponibilité du lait en sachet sur le marché. Le Premier ministère a précisé que « les laiteries du Groupe public industriel de production du lait et de ses dérivés (Giplait) verront leur approvisionnement en poudre de lait passer de 7 000 à 10 000 tonnes par mois, avec en contrepartie l’augmentation de leur production de lait en sachet de plus de 2 millions à près de 4 millions de litres par jour». Les laiteries du secteur privé verront elles aussi leur approvisionnement passer de 7 500 à 9 000 tonnes par mois, ajoute la même source. Ces mesures de «saturation du marché» seront accompagnées de «l’application ferme de la loi contre tous les auteurs de détournement de la poudre de lait fortement subventionnée par l’Etat au bénéfice des consommateurs», affirme le Premier ministère. A noter que ces mesures interviennent dans un contexte marqué par des perturbations enregistrées depuis des mois sur le marché d’approvisionnement en sachet de lait subventionné. Pour rappel, une réunion a eu lieu le 20 mars dernier au siège du ministère de l’Agriculture en présence du ministre, Abdelkader Bouazghi, et de représentants du ministère du Commerce et de l’Office national interprofessionnel du lait (Onil). Cette réunion a abouti à un accord sur l’introduction d’une «nouvelle clause» dans la convention liant l’Onil aux propriétaires de  laiteries, faisant obligation à ces derniers de présenter un document détaillant les quantités produites et distribuées sur lequel figureront les cachets des distributeurs, dans le but de définir le circuit réel du lait subventionné. Cette démarche a pour objectif « la traçabilité de la poudre de lait, à partir de l’étape d’approvisionnement jusqu’à l’arrivée du produit fini au niveau des commerçants en détail », avait expliqué l’Onil. Quelque 118 laiteries réparties sur l’ensemble du territoire national, dont 15 complexes publics, sont conventionnées avec l’Onil qui dispose d’un stock stratégique de trois mois.
(APS)