Pour la première fois dans les annales, la révision exceptionnelle des listes électorales, qui s’est ouverte mercredi dernier et s’étalera jusqu’au 22 février prochain, en prévision des législatives, sera marquée par l’introduction des technologies de l’information et de la communication.

Dans la perspective d’organiser des élections législatives transparentes, le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locale a lancé, le 8 février dernier, et ce pour deux semaines, une nouvelle opération de révision des listes électorales sur toute l’entendue du territoire national. L’opération vise à faire le toilettage du fichier électoral en vue de constituer des listes fiables pour une élection incontestable. Pour la première fois, les élections du printemps prochain bénéficieront notamment des avantages offerts par les nouvelles technologies, dont l’actualisation des listes électorales, grâce au registre national de l’état civil (informatisé) qui évite la double inscription et facilite la radiation. Pour les initiateurs du projet, « l’introduction des TIC permettra ainsi à l’administration d’établir des listes électorales des citoyens plus rapidement et d’une manière très aisée conformément à la loi organique relative au régime électoral, qui stipule que nul ne peut être inscrit sur plusieurs listes électorales ». Les nouvelles technologies devraient également faciliter la révision des listes électorales lesquelles ont subi de grandes modifications en raison de nombreuses opérations de relogements effectuées dans de nombreuses régions du pays. Pour le chef du bureau des élections de l’APC d’Alger centre, Abderzak Taouche, « cette mesure est venue faciliter la tâche au citoyen et lui éviter des va-et-vient dans la commune ». Il expliquera à cet effet que « le citoyen pourra se faire radier de la liste électorale à distance sans qu’il se déplace pour faire son changement de résidence ». Soulignant qu’« il peut se présenter à l’APC et dès l’inscription, la commune procède à l’envoi systématique à un logiciel ». Mais au-delà du but de faciliter la tâche à la commission, cette opération est une des réponses à l’amélioration de la gouvernance électronique et la transparence tant réclamée par la classe politique notamment ceux de l’opposition. Pour les citoyens, ces nouveaux moyens permettent de faciliter encore plus l’inscription sur les listes électorales. « Cela donne envie d’aller voter lorsqu’on voit que l’Etat facilite l’inscription aux citoyens et les aller et venues aux différentes APC surtout pour ceux qui ont déménagé », nous dira Akli. La numérisation des fichiers électoraux a inévitablement amené l’apport, souhaité autant par la classe politique que les électeurs, en efficacité et célérité de traitement de toutes les opérations d’inscription, de réinscription, de correction des doubles enregistrements ou de changement de domicile des électeurs. Certains estiment que l’appui technologique est un apport fort important au processus électoral dont la transparence des registres électoraux pour une fois assainis.

Les communes en plein effervescence
Plusieurs brigades spéciales, chargées des inscriptions et réinscriptions des citoyens et surtout ceux nouvellement relogés, sont à pied d’œuvre pour cette opération. Au cinquième jour de l’opération, « le fichier électoral de la commune de Kouba, qui comporte près de 72 500 âmes, a vu une baisse de plus de 3 600 électeurs », c’est du moins ce que nous a indiqué le secrétaire général de l’APC, Hassan Belassila. Soulignant que « l’opération n’est qu’à ses débuts », il dira que « le nombre des radiés des listes électorales a atteint 613 » et qu’« il y a des nouvelles inscriptions ». Idem pour la commune de Rouiba, où Yazid Abdelhamid, secrétaire général de l’APC, nous a indiqué que « depuis le début l’opération, il y a eu pas moins de 320 demandes de radiation ». Ajoutant que « ces radiations concernaient essentiellement des décès, des assainissement et des changement de résidence ». Selon le même responsable, tous les moyens humains et matériels ont été mobilisés, soulignant que « la numérisation des listes, nous a vraiment aidé ». A cet effet, il rappellera aux citoyens et surtout aux relogés ces dernières semaines, que « les portes de leur annexe administrative sont ouvertes pour les inscriptions et radiations ainsi que pour tout autre renseignement y afférent ». Dans une déclaration à la presse, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Bedoui, avait estimé en novembre dernier, à l’issue de l’opération de révision annuelle des listes électorales, que le corps électoral était composé de « 22 079 578 électeurs, avant la fin du délai des recours ». Le premier responsable du département a affirmé, par ailleurs, que « les prochaines élections seront d’un plus haut niveau » et que la nouvelle Constitution sera « le principal garant de la transparence et de la régularité des élections, grâce aux lois qu’elle renferme, ainsi que la Haute instance indépendante de surveillance des élections (HIISE), qui sera indépendante à 100% ». Pour sa part, le Secrétaire général du même département, Hocine Mazouz a affirmé que « l’organisation des élections politiques est un processus administratif complexe associant de nombreux acteurs en vue d’assurer le bon fonctionnement des institutions démocratiques, l’égalité des électeurs et la sincérité des opérations électorales ». « L’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans la préparation des échéances électorales est de nature à contribuer à leur succès », a-t-il dit. A cet effet, le même responsable a mis l’accent sur l’importance du registre d’état civil pour une meilleure concrétisation de ces opérations, soulignant également l’impact des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC) dans la réussite des préparatifs administratives des élections.