La wilaya d’Alger a connu en 2017 le lancement, au cours du mois de juillet, des premières expériences «d’aquaculture», avec le début des opérations d’ensemencement de poissons dans des bassins relevant des exploitations agricoles, une filière sur laquelle misent les autorités pour «diversifier» l’offre sur cet aliment au niveau du marché local.

L’année 2017 a connu donc les premières opérations d’ensemencement de poissons dans des bassins relevant d’exploitations agricoles situées notamment à l’est de la capitale, avec le lancement, en juillet dernier, par la Direction de la pêche de la wilaya d’Alger «d’une opération d’ensemencement de 8 000 alevins de Tilapia répartis dans 16 bassins d’irrigation». La pisciculture intégrée à l’agriculture consiste en l’introduction de l’élevage de poissons dans un milieu à vocation agricole dans le but de «développer les deux activités parallèlement ou séquentiellement en bénéficiant des avantages de l’une pour l’autre», précisent les responsables de ce secteur. Les agriculteurs concernés par cette opération ont bénéficié d’une formation sur la technique de la pisciculture au niveau de l’Institut national supérieur de pêche et d’aquaculture (INSPA), le Centre national de recherche et de développement de la pêche et de l’aquaculture (CNRDPA) est chargé quant à lui de fournir les alevins pour ces agricultures. Le littoral algérois avec ses 83 km n’a pas suffi à répondre aux besoins des Algérois qui se plaignent toujours de la hausse des prix des poissons, qui ne sont pas à la portée de la classe moyenne. Le prix de la sardine à titre d’exemple a provoqué en 2017 un véritable tollé au vu des prix allant jusqu’à 800 da/kg, forçant beaucoup de citoyens à tourner le dos à ce produit et les autorités à ponssant à d’autres moyens pour proposer des prix raisonnables. Les poissonneries de la capitale (Aïn Benian, Bab El Oued et 1er-Mai) ont commencé à proposer ces produits, venus principalement des bassins implantés à Oran, Aïn Témouchent et Boumerdès, en attendant le développement et la commercialisation des produits provenant des bassins d’Alger l’année prochaine, selon Mme Rabia Zerrouki, directrice de la pêche de la wilaya d’Alger. Une opération d’ensemencement de 12 000 unités d’alevins répartis sur 19 bassins d’irrigation privés au niveau des communes de Staoueli, Chéraga, Aïn Benian, Ouled Fayet, Sidi Moussa et Baraki, a été lancée en 2017, a expliqué à l’APS, Mme Zerrouki, relevant que cette opération fera l’objet d’un suivi pour accompagner les agriculteurs et obtenir un meilleur rendement. Elle a ajouté que la production halieutique a doublé en 2017 pour atteindre 4 255,046 tonnes contre 2 916,967 en 2016, soulignant que la période entre juin et septembre a fait la différence dans ce bilan et n’a pourtant pas contribué à réduire les prix sur le marché. L’expérience de l’aquaculture devrait être «généralisée» pour comprendre les plans d’eau en attendant son lancement au niveau du barrage de Douéra, qui sera opérationnel après 2020, a indiqué Mme Zerrouki. La campagne intensive de vulgarisation de la pisciculture intégrée à l’agriculture a été organisée conjointement par la Direction de la pêche de la wilaya d’Alger, l’Institut national de vulgarisation agricole, l’Institut national supérieur de pêche et d’aquaculture, le Centre national de recherche et de développement de la pêche et de l’aquaculture, la Direction des services agricoles de la wilaya d’Alger, l’Institut national des sols, de l’irrigation et du drainage et la Chambre d’agriculture d’Alger.

Création de fermes d’aquaculture à l’est de la capitale
Fin 2017, la Direction de la pêche de la wilaya d’Alger a reçu des demandes d’investissement privé dans le domaine de l’aquaculture, qualifiées par Mme Zerrouki de «prometteuses», soulignant que ses services examinaient actuellement deux dossiers pour la création de fermes aquacoles à Aïn Taya (Est de la capitale) spécialisées dans l’ostréiculture et la production de tilapia. Ces fermes viendront s’ajouter à une autre ferme aquacole implantée dans la même commune qui devrait produire à l’avenir plus de 2 tonnes de moules par an. Les caractéristiques du littoral d’Alger, en termes de concentration de la population et ses conséquences (pollution), ont conduit à l’implantation des premiers bassins à l’est de la capitale, a précisé la même responsable. Elle a ajouté que ses services ont enregistré 200 demandes de formation cette année pour cette spécialité, relevant que 130 agriculteurs répartis sur 9 communes, dont Chéraga, Baraki, Eucalyptus, Aïn Benian bénéficient de cette formation dispensée en coordination avec les centres de formation professionnelle et les instituts relevant du secteur.