Alger accueillera, les 30 et 31 mars courant, la 6e édition de la Conférence internationale sur le droit des peuples à la résistance. Pour cette année, cet événement est coorganisé par le Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS) et l’ambassade du Sahara occidental à Alger, sous l’intitulé « le cas du peuple sahraoui ».

Ils seront 53 pays à prendre part à cette conférence dont l’objectif est de « créer un réseau parlementaire international de soutien au peuple sahraoui », a indiqué le président du CNASPS, Saïd Layachi, lors d’une conférence de presse consacrée hier à l’événement d’Alger dont les participants viendront de pays arabes, comme l’Arabie saoudite, le Koweit ou l’Egypte, d’Amérique latine, d’Europe et d’Afrique. Rappelant que « la résistance est un droit qui a permis aux ex-pays colonisés de recouvrer leur indépendance », M. Layachi a soutenu que dans le cas du peuple sahraoui, « ce droit inaliénable à l’autodétermination et reconnu par toutes les instances internationales, l’Union africaine et le Parlement européen, n’avance pas ». Néanmoins, regrette-t-il « la légalité internationale ne trouve pas de cadre d’exécution sur le terrain à cause des manœuvres dilatoires du pouvoir marocain ». Lequel pouvoir est « implicitement soutenu par les gouvernements espagnol et français », accuse le président du CNASPS. Face à cette situation, les personnalités attendues à la conférence des 30 et 31 mars viendront à Alger « réaffirmer le droit du peuple sahraoui à choisir librement son destin », poursuit ce dernier. Soulignant encore qu’il s’agira à travers ce type d’initiative d’« affirmer et proclamer le droit du peuple sahraoui à résister à l’occupation marocaine, mais aussi à exiger de l’ONU l’application des recommandations onusiennes qui, toutes, appellent à un référendum d’autodétermination transparent et loyal, sous la supervision des Nations unies ». En attendant le jour J de la Conférence internationale sur le droit du peuple sahraoui, M. Layachi dénonce les « violations massives et répétées » des droits de l’homme dans les territoires occupés du Sahara occidental, commises par l’administration d’occupation marocaine. «Ces violations sont constatées et vérifiées par les ONG internationales tel Amnesty et Human Rights Watch, par l’eurodéputé Charles Tannock », insiste-t-il encore. Rappelant, à l’occasion, les rapports du département d’Etat américain qui font état de la « découverte de fosses communes pour des sépultures de sahraouis exécutés ». Présent à la conférence de presse d’hier, le chargé d’affaire à l’ambassade sahraouie à Alger, M’hamed Cheikh , est revenu sur l’organisation récente du Forum Crans Monatana dans la ville occupée de Dakhla. Faisant remarquer qu’« aucun organisme ne reconnaît la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental », M. Cheikh déduira que « l’organisation du Forum Crans Montana à Dakhla ne peut être interprétée que comme un affront à la communauté internationale ». C’est pourquoi, a-t-il déclaré, le Front Polisario « fera valoir les procédures adéquates pour sommer le Maroc de respecter le droit international et de ne plus tenir un événements sous son égide dans nos territoires occupés ». Pour rappel, le président de la République sahraouie , secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali, avait appelé récemment les Nations unies et l’Union africaine à faire pression pour annuler la tenue du Forum de Crans Montana dans la ville occupée de Dakhla, estimant que cette démarche constituait une « provocation » visant à compromettre les efforts de l’envoyé personnel onusien Horst Köhler pour le règlement du conflit au Sahara Occidental. Mais le forum a bel et bien eu lieu à Dakhla, malgré les appels à son annulation de l’UA, lors de son sommet de janvier dernier tenu à Addis Abeba.