Par Hamid Bellagha

D’Alpha à Delta, en passant par Béta, l’alphabet grec ne cesse de ressusciter grâce, ou à cause, c’est selon, de la Covid-19 qui semble s’installer dans la durée. Maintenant, Omicron, une autre lettre grecque qui s’émancipe et fait marquer le pas à son prédécesseur Delta, fait la une de toutes les publications scientifiques.
Jugé «préoccupant» par l’OMS, le variant Omicron a affolé, dans un premier temps, la communauté scientifique puis, avec une dangerosité qui ne semble pas cruelle, le nouveau variant pourrait entrer dans le rang, selon Anthony Fauci, Monsieur Santé aux Etats-Unis.
Chez nous, et même si pour le moment Omicron n’est pas encore sur les tablettes des épidémiologistes, quelques cas parmi les élèves des trois paliers, rares encore il faut le souligner, suscitent l’inquiétude. Car les gestes barrières n’ayant jamais été de mise dans nos écoles, collèges et lycées, la contamination des adultes par les plus jeunes redevient d’actualité au moment du retour de l’hiver, de l’humidité et du calfeutrage à la maison, tous autant de vecteurs de propagation du virus par excellence. A cela, il faut rajouter une campagne de vaccination qui marque sérieusement le pas et des hôpitaux commençant à saturer, comme c’est le cas à Oran. Le tout pourrait constituer les ingrédients nécessaires pour une quatrième vague qui s’est déjà installée mais qui ne dit pas encore son nom.
C’est vrai que 200 cas par jour en moyenne ne constitue pas une alerte sérieuse, mais, sachant que «les nains aussi ont commencé petits», il serait judicieux de s’inquiéter des contaminations en hausse, quelle que soit la lettre de l’alphabet grec qu’on y colle. Les images de malades à même le sol et les batailles pour une hypothétique bouteille d’oxygène sont encore vivaces dans nos esprits, ainsi que les cercueils alignés pour des enterrements à huis clos.
Les avertissements et les mises en garde des membres du Conseil scientifique ne semblent pas trouver d’écho. C’est vrai, qu’on se rassure que plus de 12 millions de doses de vaccin attendent invariablement une péremption qui s’annonce, à défaut de bras avec des manches retroussées. Mais la fausse quiétude qui s’installe n’a d’égal que celles qui ont précédé les trois premières vagues meurtrières. Les leçons non retenues mettent en avant les incompétences pourvoyeuses d’issues fatales aux nombreuses contaminations qui s’annoncent.