C’était l’affiche rêvée mais loin d’être la finale la plus spectaculaire. Du moins, dans le jeu. Parce que le scénario était bien étrange vendredi soir au stade Borg El Arab. Al-Ahly SC, hôte du jour, s’est imposé 3 buts à 1 face à l’Espérance Tunis dans une rencontre marquée par des décisions arbitrales contestables de l’Algérien Abid Charef. Le referee a sifflé trois penalties dont deux en faveur des Egyptiens. Ces derniers se rendront à Rades (Tunis) avec une marge inouïe pour le match retour prévu vendredi prochain.

 

Al-Ahly SC et l’Espérance Tunis se retrouvaient pour la seconde fois en finale de la plus prestigieuse compétition interclubs du football africain après celle de 2012 remportée par Al-Ahly SC après avoir concédé le nul (1/1) à domicile puis arraché la victoire (1/2) en terres tunisiennes. Cette fois, les « Ahlawis », finalistes malheureux de la dernière édition, disputeront la seconde manche avec un avantage conséquent de 2 buts qui rend la 9e consécration plus proche que jamais. En revanche, les Tunisois voient l’éventualité d’être primés pour la 3e fois s’éloigner en comptant un retard important à refaire contre les Egyptiens. Surtout, ils devront faire avec la frustration de cet «acte I» difficile à digérer au vu de la manière avec laquelle les coéquipiers de Youcef Belaïli ont perdu. Eux qui ont eu plus de possession (54%) et frappé 7 fois au but contre 8 pour l’équipe receveuse. Aussi, les «Sang et Or» ont cadré à 4 reprises contre 6 pour les «Red Devils». Très équilibré contrairement à ce que peut laisser croire le score finale.

Un match retour sous tension ?
Sans briller, le club mythique d’Egypte a réussi à prendre une sérieuse option pour triompher dans 5 jours. L’entraîneur Patrice Carteron sait très bien que ses poulains ont bien négocié le premier round. Il s’attend, toutefois , à un «round 2» très compliqué loin de ses bases et du soutien des 60 000 personnes présentes dans l’enceinte d’Alexandrie. «Ma joie et mitigée parce que je pense que la rencontre a déviée du cadre purement sportif à certains moments de la partie. Surtout que le camp tunisien a mal réagi et n’a pas respecté les décisions de l’arbitre de la rencontre. Je demande à ce que la sécurité soit renforcée pour le match «retour» parce que j’ai senti beaucoup de tension aujourd’hui. On essayera de confirmer dans une semaine et ramener la coupe », a déclaré l’ancien driver du TP Mazembe avec lequel il avait réussi à décrocher la C1 en 2015. Une année après avoir était sorti en demies par l’ES Sétif.

La colère retenue de Chaâbani

Le technicien français sait que la tension sera à son paroxysme dans quelques jours face à des «Espérentistes» revanchards même s’ils seront amoindris de deux joueurs qui seront suspendus pour cumul de cartons. Il s’agit Chamseddine Dhaouadi et Sameh Derbali. «Une mi-temps s’est jouée en Egypte, l’autre se déroulera en Tunisie. Je pense que le but que nous avons marqué ce soir pourrait peser pour décider du champion. Je ne suis pas content de la manière dont notre délégation a été traitée. On nous a laissés 25 minutes en dehors du stade à attendre sous prétexte que le bus doit être inspecté. On n’a pas eu droit à l’hospitalité qu’on avait offerte à Al-Ahly en 2012 lorsqu’ils étaient venus s’imposer chez nous et repartir avec la coupe. Le président tunisien les avait même honorés au lendemain de leur victoire », a déclaré et pesté le coach de l’EST, Mouine Chaâbani poursuivant que « le match retour sera difficile pour les deux équipes ». Vendredi prochain, ce duel risque de se dérouler dans une ambiance insoutenable.