Dans le plan d’action du gouvernement, présenté hier à l’APN, la question de la transition énergétique représente un segment important pour l’avenir. Concernant les hydrocarbures non conventionnels, le gouvernement annonce intensifier les efforts d’identification du potentiel que recèle le sous-sol, afin d’engager « les études appropriées » sur l’impact de l’exploitation de « cette richesse » au plan économique, social et environnemental. Le choix prudent des mots est à l’évidence à la mesure de la sensibilité du sujet. Le schiste semble encore susciter de l’appréhension, voire un rejet dans l’opinion. Le sujet demeure en tout cas d’une extrême sensibilité, comme ce fut le cas après la rencontre du Président de la République avec des représentants de la presse nationale. L’évocation de ce sujet a suscité une vive polémique au sein de la société. Ce qui reste symptomatique de la complexité du sujet. La transition énergétique semble en tout cas occuper une place importante dans le programme du gouvernement Djerad. Ce dernier viserait l’intensification des efforts de prospection et de production des hydrocarbures ainsi que la diversification des sources énergétiques et ce, à travers le développement des énergies renouvelables et la promotion de l’efficacité énergétique. Une efficacité qui semble inévitable afin d’entamer la transition tout aussi inéluctable vers un modèle en adéquation avec la nouvelle réalité énergétique. Cette transition devrait permettre de s’affranchir «de manière progressive » de la dépendance vis-à-vis des ressources conventionnelles, estime le gouvernement. Il s’agira en fait d’amorcer la dynamique d’émergence d’une énergie « verte et durable » qui s’appuierait sur les ressources inépuisables. Cette option pourrait bien constituer une voie vertueuse à long termes pour peu que le passage du texte vers l’application ne soit pas un vain mot.
« Changer le modèle énergétique »
Le gouvernement voudrait à l’évidence « changer le modèle énergétique » de production et de consommation et aller vers une plus grande protection de l’environnement, par la maîtrise des coûts de réalisation des installations des énergies renouvelables. Le potentiel existant et les capacités d’absorption du réseau national de transport et de distribution de l’énergie électrique et de l’énergie d’origine renouvelable est connu, une capacité de 15 000 MW à l’horizon 2035, dont 4 000 MW d’ici 2024. La réalisation de ces capacités permettra d’économiser près de 240 milliards de m3 de gaz naturel et d’éviter l’émission de 200 millions de tonnes de CO2, annonce le gouvernement. Aussi l’hybridation de la production de l’électricité de « source conventionnelle » dans le Sud par la production photovoltaïque, constitue pour le gouvernement une action prioritaire. Il sera procédé à la mise à niveau de la réglementation d’encouragement de la production d’électricité à partir de sources renouvelables. Les mesures fortes que le gouvernement envisage de mettre en œuvre en matière d’efficacité énergétique permettront de réduire drastiquement le gaspillage et de préserver les ressources énergétiques du pays. Le gouvernement s’engage aussi à « la couverture des besoins nationaux, la sécurité de l’approvisionnement ainsi que le pourvoi de l’économie nationale en ressources financières ». Ces objectifs ne sauraient se réaliser sans l’intensification de l’effort de recherche et d’exploration, y compris dans les zones Offshore et le nord du pays, et aussi l’utilisation de méthodes de récupération assistée tout en garantissant la conservation des gisements. Un programme de valorisation des hydrocarbures est retenu par le gouvernement, afin « d’asseoir une industrie pétrochimique et de raffinage » et ce, à travers l’augmentation des capacités pour satisfaire la demande nationale en produits pétroliers. L’approvisionnement continu du marché national en produits liés au pétrole sera assuré, annonce-t-on, à travers l’augmentation des capacités de stockage de carburants à 30 jours contre 12 actuellement.