L’offre de dialogue du nouveau président Abdelmadjid Tebboune a mis dans l’embarras la Confédération des syndicats algériens (CSA), qui a préféré éluder la question pour laquelle elle a pourtant provoqué une réunion. Cette réunion, tenue hier au siège du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP) à Alger, a ainsi été plutôt un moment de gêne qui s’est emparé des organisations syndicales regroupées au sein du CSA. « Nous avons discuté de la situation générale mais surtout de quelques thèmes liés à notre activité en tant que confédération, ainsi que l’activité au sein de la société civile. Cette évaluation est indispensable pour pouvoir aller de l’avant », nous a affirmé un représentant d’un syndicat, embarrassé à l’idée d’aborder le déroulement de l’élection présidentielle ainsi que l’offre de dialogue lancée par M. Tebboune à l’adresse du Hirak.
A-t-il été question de l’élection présidentielle, ses résultats et la main tendue de Tebboune ? Notre interlocuteur a fini par concéder que le sujet a été bel et bien abordé et que les membres du CSA avaient des lectures différentes. « Nous n’avons pas pu trancher cette question pour le moment, notamment parce que chaque syndicat détient sa propre approche. Voilà pourquoi nous avons préféré attendre que chaque organisation syndicale membre puisse tenir son conseil national pour ensuite formaliser une position globale au nom de la confédération », a-t-il dit. « Vu la sensibilité du sujet, la confédération, qui compte actuellement 15 syndicats autonomes, a préféré observer d’abord les positions de chaque syndicat à part avant de déboucher vers une position globale lors de la prochaine réunion dont la date n’a pas été fixée », a ajouté la même source. Cette dernière explique que
« ces conseils nationaux propres aux syndicats membres vont se tenir en sessions ordinaires et ce dans un intervalle qui s’étendra entre la fin de l’année en cours et le début de l’année prochaine». Nous apprenons dans le même sillage que la date de la prochaine réunion de la Confédération des syndicats algériens, dirigée actuellement par son coordinateur Lyes Merabet, « n’a pas été encore fixée » , ce qui ne manquera pas de susciter des interrogations sur cette « non-position » du CSA. Il est à rappeler qu’avant la tenue de l’élection présidentielle du 12 décembre, la même confédération avait estimé, lors de son conseil fédéral à Alger, que la réussite des élections nécessitait d’abord la concrétisation de certaines mesures d’apaisement englobant notamment la libération des détenus d’opinion, la levée des pressions sur les médias ainsi que le départ du gouvernement Bedoui. Aujourd’hui, le CSA se trouve devant une nouvelle séquence avec l’élection d’un président qui n’a pas tardé à lancer une offre de dialogue qui n’a pas laissé indifférent l’ensemble de la classe politique. <