Le ministre des Transports et des Travaux publics, Boudjema Talai, a été peu prolixe sur l’arrêt de fonction du P-DG d’Air Algérie, Mohamed Abdou Bouderbala. Il n’a ni affirmé ni nié l’information révélée par Reporters dans son édition d’hier.

En visite de travail et d’inspection, hier, à la nouvelle aérogare d’Alger représentant une extension de l’aéroport international Houari-Boumediène d’Alger, Boudjema Talai a animé une conférence de presse lors de laquelle la question du devenir de l’actuel P-DG d’Air Algérie, Mohamed Abdou Bouderbala, était d’actualité. Au-delà des réponses aux questions qui ont agité l’opinion publique s’agissant de son département, le premier responsable du secteur a préféré utiliser le mode « mute », en refusant d’infirmer ou de confirmer l’information.
Comme argument, il dira que « la décision de nomination et de limogeage est une prérogative du conseil d’administration qui doit convoquer l’assemblée générale », d’un air entendu qui en dit long. Il axera cependant sa conférence sur les recrutements anarchiques constatés lors de sa visite inopinée du pôle « maintenance » de la compagnie nationale et les incidents récurrents qui affectent les aéronefs d’Air Algérie, dont celui de l’ATR, qui a perdu son train d’atterrissage à Oued Souf, la semaine dernière. Le ministre des Transports a affirmé à ce propos que la compagnie nationale ne devrait pas «recruter un pilote ou un mécanicien d’avion n’importe comment. Ce sont des métiers à risques qui sont régis par des lois strictes et universelles (…).
Ces métiers exigent des niveaux universitaires qui doivent être respectés, sinon des sanctions seront prises à l’encontre des personnes à l’origine de ces recrutements », a-t-il révélé. Il dira également que lors d’un crash, c’est le drapeau algérien qui est en jeu, faisant allusion aux défaillances que connaît la compagnie Air Algérie. En ce qui concerne la sortie de piste de l’ATR à Oued Souf, Talai dira que « l’enquête est en cours et on attend les résultats pour tout vous dire dans la transparence. Nous n’avons pas le droit de cacher quoi que ce soit lorsqu’il s’agit de la sécurité de la vie humaine», faisant référence aux dossiers épineux qui secouent actuellement Air Algérie. Il y a lieu de rappeler que le conseil d’administration de la compagnie nationale devait se réunir, hier, pour le remplacement du P-DG d’Air Algérie par un ancien commandant de la compagnie, Allache Bekhouche. Par ailleurs, la nouvelle aérogare d’Alger et la ligne ferroviaire qui devrait la relier à Bab Ezzouar seront réceptionnées en juillet 2018, tandis que l’extension du métro à partir d’El Harrach à cet aéroport sera fin prête en début 2020, a indiqué Boudjmaâ Talai.
Selon lui, le coût global de cette nouvelle zone du terminal passagers est estimé à 74 milliards de dinars et s’étale sur une superficie de 20 hectares. Le financement de ce mégaprojet sera assuré par l’Entreprise de gestion des aéroports d’Alger à hauteur de 45 milliards de dinars tandis que le reste sera financé par le Trésor public, a-t-il révélé.