Par Sihem Bounabi
La contestation sociale au niveau de la compagnie nationale aérienne est encore montée d’un cran, hier, avec la grogne des techniciens de maintenance des avions en observant un sit-in de protestation pour dénoncer leur condition socioprofessionnelle après la menace, il y a à peine un mois, des pilotes d’Air Algérie d’un départ massif.
Ainsi au moment où la compagnie aérienne devrait augmenter son programme à la veille d’une saison estivale où le nombre de vols explose, ces plans sont fortement perturbés par la gestion des responsables d’Air Algérie.
Suite à ce sit-in, le Syndicat national des techniciens de maintenance Avions (SNTMA) a tenu à apporter son soutien plein et entier à ce mouvement de protestation dans un communiqué parvenu à la rédaction. En effet, il est souligné dans le communiqué que le SNTMA a tenu une réunion d’urgence suite au sit-in où il a été souligné à l’unanimité que le mouvement de protestation des techniciens de maintenance était «une réaction inévitable» et dont le syndicat «avait déjà mis en garde, compte tenu de l’importance des revendications tant au plan individuel que collectif», soulignant que la dégradation des conditions socioprofessionnelles des techniciens de maintenance a, également, «un impact négatif sur l’avenir de l’entreprise, ce qui est en contradiction avec les orientations des hautes autorités du pays».
Le SNTMA souligne, également, qu’il a eu recours à toutes les procédures autorisées par la loi pour soulever les préoccupations de leurs adhérents et exposer leurs revendications dans un cadre juridique légitime stipulé dans les dispositions de la convention collective et garanti par toutes les lois, s’insurgeant de «la politique d’exclusion systématique et irresponsable» de la part de la compagnie aérienne dans la plupart des réponses aux revendications que l’un des jalons importants de la bonne marche du trafic aérien.
Pour rappel, il y a un mois, c’est le Syndicat des pilotes de lignes algériens (SPLA) qui a tiré la sonnette d’alarme pour alerter les pouvoirs publics sur «un climat socioprofessionnel insoutenable» à cause de la politique de la direction et dont les seules dispositions prises sont «la limitation ou l’annulation unilatérale de plusieurs acquis socioprofessionnels». Le syndicat des pilotes d’Air Algérie avait alors menacé d’un départ massif des pilotes, ce qui serait «désastreux pour l’avenir du pavillon national».
Le ministre des Transports Abdellah Moundji avait donné des instructions fermes à la direction d’Air Algérie, pour «prendre toutes les mesures opérationnelles pour accompagner le programme supplémentaire de vols annoncé» et souligné l’impératif «d’élaborer un plan de travail pour le court, moyen et long termes avec une vision claire et des objectifs bien définis, la compagnie étant tenue de compter sur ses propres capacités dans l’exécution de ses plans de développement et de revoir son mode de gestion conformément aux normes internationales». <