La compagnie nationale Air-Algérie a annoncé, hier, la réouverture partielle de la ligne Alger-Francfort. Air Algérie, qui fait savoir qu’un vol aller-retour sera proposé chaque mercredi, a par ailleurs ajouté que la reprise de la desserte Alger-Rome est toujours «en cours de préparation».

Par Nadir Kadi
La compagnie informe également que l’ensemble des vols proposés depuis la «reprise partielle», le 1er juin dernier, enregistrent des perturbations dues à la forte demande : «les vols actuellement autorisés sur la Tunisie, la France et la Turquie enregistrent une saturation temporaire», 90% des billets proposés pour le mois de juin entre la France et l’Algérie seraient ainsi «vendus». Le porte-parole de la compagnie Amine Andaloussi faisant savoir que «dès le premier jour de la reprise partielle» 6 420 billets dans le sens étranger-Algérie ont été écoulés, dont «65% sur la plateforme numérique». La reprise d’activité d’Air Algérie intervient par ailleurs au moment où la compagnie enregistre un nouveau déficit record estimé à «40 milliards de dinars».
En effet, la reprise partielle apparaît aujourd’hui plus qu’indispensable pour l’équilibre financier de la compagnie nationale, sa «direction» ayant déclaré au journal El Moudjahid que «la situation financière de la compagnie nationale Air Algérie est dans le rouge» ; en cause, selon la même source, les 15 mois d’interruption des vols suite à la crise sanitaire. La trésorerie de l’entreprise accuserait ainsi depuis le début de la crise «un manque à gagner de plus de 300 millions de dollars américain». Amine Andaloussi explique que la compagnie a été contrainte de «geler» la quasi-totalité de ses projets d’investissements, notamment la «réhabilitation de ses agences à l’international». Même chose en ce qui concerne la flotte de la compagnie, dont le renouvellement a été officiellement suspendu en décembre 2020.
Quant aux «charges», il est expliqué qu’elles ont été orientées vers les seuls secteurs prioritaires, à savoir en plus de la rémunération des près de 9 000 travailleurs, «la maintenance technique des appareils» dont les dépenses sont «incompressibles étant donné les protocoles de sécurité aérienne (…) Il faut savoir qu’un appareil qui vole coûte moins cher qu’un appareil cloué au sol qui nécessite un entretien permanent». Par ailleurs, le déficit de la compagnie Air Algérie aurait également été creusé ces derniers mois par les opérations de rapatriement des ressortissants algériens. Amine Andaloussi, qui rappelle que 80 000 personnes ont été transportées «en six étapes» depuis décembre 2020, explique que «70% des vols de rapatriement sont mis à la charge de d’Air Algérie». La compagnie nationale avait par ailleurs «converti» une partie de ses 56 avions pour le transport de marchandises dans le but de limiter les pertes, mais les revenus générés par cette «activité cargo» n’auraient toutefois par réussi à compenser les «charges importantes» de fonctionnement, a expliqué le responsable, avant d’ajouter que la relance progressive de ses vols «à un rythme assez important» permettrait à terme d’envisager un retour à la normal.