Par Younes Badi
Le président Abdelmadjid Tebboune a demandé au gouvernement, lors du Conseil des ministres, réuni dimanche 22 août, d’ajouter de nouveaux vols et d’augmenter la fréquence de certains vols existants. Cette décision survient après presque trois mois de l’ouverture partielle les frontières, entrée en vigueur le 1er juin dernier. Ces nouvelles dessertes von renforcer les destinations déjà assurées par Air Algérie. Cela donne une bouffée d’oxygène à l’entreprise qui a beaucoup souffert de l’arrêt du transport aérien en raison de la pandémie de coronavirus, mais également à tous ceux qui souhaitent voyager de et vers l’Algérie. La suspension des vols aériens a pesé lourdement sur sa trésorerie. L’interruption des vols a eu également des répercussions directes et immédiates sur plusieurs activités publiques et privées, ainsi que sur la diaspora algérienne. La compagnie a en outre souffert de conflits sociaux. Elle avait connu des mouvements de grève répétitifs avec toutes les conséquences négatives que cela impliquait. Il y a eu des périodes où le conflit entre la direction d’Air Algérie, les mécaniciens et les ingénieurs de maintenance se durcissait et prenait, parfois, des tournures enflammées et inattendues. Les syndicats ne voulaient rien comprendre, menaçant de poursuivre le mouvement jusqu’à satisfaction d’une série de revendications, dont le retour à un équilibre salarial dans le cadre de la convention collective d’Air Algérie et la confirmation des mécaniciens ingénieurs recrutés en contrat à durée déterminée (CDD). Or, la situation financière qui prévalait, il y a quelques années, n’a pas réellement changé aujourd’hui. Elle ne permet pas d’augmenter les salaires des employés. Les difficultés financières sont souvent évoquées par la direction de la compagnie. Air Algérie avait annoncé l’ouverture d’une campagne de recrutement de techniciens et ingénieurs de la maintenance et de réparation des avions, affirmant que cet appel à candidature n’a rien à voir avec la grève des techniciens et ingénieurs de la maintenance des avions de la compagnie aérienne et expliquant que ce recrutement s’inscrit pleinement dans le cadre du renforcement de la flotte de la compagnie. S’est-elle tiré d’affaire aujourd’hui ? La nouvelle direction tente de fixer un nouveau cap à l’entreprise, en mettant de côté, pour un temps, la question des revalorisations salariales, et en faisant en sorte que la compagnie nationale puisse travailler dans la sérénité, se développer et améliorer ses finances et son image, avec l’aide de l’Etat qui continue toujours de la soutenir financièrement. En 2018, le gouvernement avait débloqué pour le compte d’Air Algérie, un montant de 2 milliards de dollars pour le renouvellement de la moitié de ses avions en âge avancé, soit l’acquisition de 30 avions neufs sur une période de trois ans. La compagnie nationale a acquis en 2011 une flottille de 7 avions de type 737/800 et 3 ATR. Elle se donne comme objectif central de pérenniser l’entreprise et les emplois. Dans ces conditions, les employés d’Air Algérie sont appelés à fait preuve de compréhension et de flexibilité en acceptant de repousser la question des revalorisations salariales. Ils doivent attendre que leur entreprise retrouve un nouveau souffle qui lui permet de rebondir. L’entreprise tente de se consacrer de consolider les acquis pour pouvoir se prononcer sur un nouveau plan qui devrait être établi, les mois à venir. Mais, à l’heure qu’il est, Air Algérie continue de rencontrer des difficultés financières qui font qu’elle a du mal à prendre son envol. Les effets de la crise sanitaire sur l’entreprise se font désormais pleinement sentir. Et, il faut du temps pour pouvoir s’en remettre. Cela est valable pour toutes les compagnies aériennes, dont la situation financière était précaire, avant la pandémie. S’en sortent, par ailleurs, mieux les compagnies ayant bénéficié d’important soutien financier de la part de leur Etat.