La vive tension qui régnait ces derniers jours au sein de la compagnie aérienne Air Algérie s’est finalement quelque peu apaisée. Et pour cause. La reprise des vols du réseau domestique d’Air Algérie, à partir du 6 décembre prochain, sur décision du Premier ministre Abdelaziz Djerad. Ce retour à l’activité, certes, partiel, a été très bien accueilli par l’ensemble des syndicats du pavillon national car synonyme de bouffée d’oxygène, éloignant ainsi le spectre de la baisse des salaires envisagée par la Direction générale en raison d’un gros manque à gagner provoqué par l’immobilisme des avions depuis le mois de mars dernier par mesure de confinement.
Selon le président du Syndicat du personnel navigant et commercial, Farid Boucetta, contacté hier par Reporters, « nous pouvons que nous réjouir d’une telle décision ». Comme il estime que « ce retour à l’activité, quand bien même partiel, en attendant la reprise du réseau international, va renflouer les caisses de la compagnie dans un besoin crucial de réaliser des recettes après huit mois sans aucun apport financier ». Farid Boucetta avance par ailleurs : «Les recettes tirées de la reprise des vols domestiques vont rendre caduque la perspective de la Direction générale de réduire la masse salariale à hauteur de 40% à des fins de sortie de crise. » Faut-il savoir au passage que cette option a provoqué une levée de boucliers chez certains syndicats, notamment le SMAV, syndicat de la maintenance, jugeant par là qu’il a déjà trop fait de concession et refuse donc de l’adopter. Toujours dans ce même ordre d’idées, il y a lieu de savoir que devant le refus catégorique du SMAV, le staff dirigeant du pavillon s’est retrouvé dans une impasse. Corsant ainsi la mauvaise posture de la compagnie qui, si elle a pu maintenir son activité, c’est sous perfusion ; l’Etat s’est en effet souvent porté au secours de la compagnie aérienne en butte à de graves déficits de trésorerie. Mais cette fois, avec toute une flotte clouée au sol sur une longue période, il n’en fallait pas plus pour plonger le pavillon national dans une inextricable situation, voire même rendant son avenir incertain à moins de procéder à une restructuration profonde de son mode de gestion et où les partenaires sociaux doivent s’impliquer au prix de judicieux sacrifices.
Pour l’heure, et selon des sources concordantes, la tension qui s’est adoucie au sein de la compagnie aérienne nationale par le retour des vols sur le réseau domestique « sera le point de départ vers d’autres résolutions à même de rendre la gestion du pavillon national selon les standards internationaux en vigueur, seule alternative pour son maintien ».
Il importe de rappeler enfin que la vente des billets et réservation ont débuté hier mercredi 2 décembre. Selon le porte-parole d’Air Algérie, Amin Andaloussi, c’est surtout la e-billetterie qui a connu un démarrage et, à un degré moindre, les réservations sur le site Internet de la compagnie. « Il est encore trop tôt pour faire un pré-bilan. Nous serons fixés la veille des premiers départs d’avion, c’est-à-dire le 5 décembre prochain », a expliqué le responsable à Reporters. n