Suite au refus de la direction d’Air Algérie d’ouvrir les portes du dialogue, les mécaniciens grévistes campent toujours sur leurs positions de poursuivre la grève qui a bouclé, hier,  son huitième jour.

Hier, au huitième jour, le conflit social à Air Algérie était toujours au point mort et aucune tentative de dialogue n’a été enregistrée. C’est du moins ce qu’a affirmé le président du Syndicat national des techniciens de la maintenance des avions (SNTMA), Ahmed Boutoumi.
Ce mouvement de contestation, déclenché la semaine dernière par les travailleurs, est intervenu pour dénoncer «un ras-le-bol total du climat malsain qui règne au sein de la maintenance, et ce, depuis l’arrivée du staff actuel», dira le syndicaliste. Selon notre interlocuteur, le travail ne reprendra pas tant que les responsables persistent à ignorer les revendications des contestataires et que les canaux de dialogue restent fermés.
Cependant, la grève n’a pas du tout impacté le programme des vols et les avions décollent et atterrissent normalement. Les régles de sécurité sont respectées et les contrôles techniques se font de façon rigoureuse, selon les normes techniques internationales.
A ce propos, le syndicaliste explique qu’«il y a des employés qui n’ont pas rejoint le mouvement. Il s’agit notamment des mécaniciens et techniciens qui sont affiliés à l’intersyndicale (UGTA)».. Donnant des chiffres, Ahmed Boutoumi affirme que «la grève est suivi par près de 300 mécaniciens sur les 600 que compte la compagnie». Par ailleurs, après la direction générale, dont le premier responsable avait animé, jeudi dernier, une conférence de presse pour démentir et dénoncer les propos de Ahmed Boutoumi, c’est au tour du syndicat UGTA de monter au créneau samedi et de régler ses comptes avec le SNTMA. Dans un long communiqué, la section d’Air Algérie de l’intersyndicale UGTA a dénoncé ce qu’elle a qualifié de «calomnies et de diffamations», en référence aux propos du président du SNTMA et rassure les usagers d’Air Algérie que « les avions de la compagnie sont techniquement contrôlés».
Rappelons, que le SNTMA a deux principales revendications : le retour à un équilibre salarial dicté par la convention collective d’Air Algérie et la confirmation immédiate des mécaniciens ingénieurs, recrutés dans le cadre de contrats à durée déterminée (CDD) «en infraction avec les lois de la République ».

Air Algérie contre-attaque
La compagnie a lancé un appel à candidature pour le recrutement de techniciens et d’ingénieurs de la maintenance aéronautique, à travers un placard publicitaire paru dans la presse nationale, qui fixe le dernier délai de dépôt des dossiers au 30 novembre. Ces recrutements, dont on ne connaît pas le nombre, sont destinés à couvrir les besoins de la compagnie dans ces catégories pour l’année 2019, apprend-on auprès de la compagnie. «C’est une société en pleine évolution qui va acquérir prochainement de nouveaux appareils, donc elle s’y prépare», a-t-on affirmé de même source, en précisant que pour être opérationnel, un technicien nécessite une formation de cinq ans.
En tout état cause, cet appel à candidature semble également porter en lui des relents de menaces ou d’intimidations envers les techniciens de la maintenance aéronautique qu’en cas de poursuite de leur mouvement de grève, les personnes suspendues pourraient être remplacées. Une source auprès de la compagnie a tenu à écarter cette interprétation. Mais Ahmed Boutoumi soutient, pour sa part, que «le recrutement envisagé n’est pas destiné à couvrir un déficit en la matière, mais à nous menacer, nous, les mécaniciens d’avions en grève». Il ajoute que les nouvelles recrues «ne pourront pas faire face au travail actuel, en ce sens que pour être rentables, ils nécessitent un minimum d’exercice de trois à cinq ans pour avoir l’approbation pour la mise en service, conformément à la loi».