Air Algérie est interpellée pour changer son mode gestion. Fraîchement nommé, le nouveau ministre des Transports, Abdellah Moundji, n’a pas tardé à afficher ses réticences envers le mode opératoire auquel recourt la compagnie aérienne publique.

Par Feriel Nourine
Il l’a exprimé en appelant, jeudi, les responsables de l’entreprise à le «revoir minutieusement», indique un communiqué du ministère de tutelle, précisant que cette instruction est intervenue lors d’une réunion que le ministre a présidée avec le directeur général par intérim d’Air Algérie, Amine Debaghine Mesraoua, et nombre de ses responsables, en présence de cadres du ministère.
«La rencontre a également permis d’examiner la feuille de route proposée par la compagnie, notamment après l’augmentation du nombre de vols au titre du nouveau programme supplémentaire», fait savoir la même source, soulignant que ce programme «contribuera dans une large mesure à alléger la charge sur cette dernière, en sus de favoriser une reprise progressive de ses activités».
En ce sens, M. Moundji a insisté sur l’importance de «prendre toutes les mesures opérationnelles pour accompagner le programme supplémentaire de vols annoncé et assurer une prise en charge optimale des préoccupations des citoyens, à travers la multiplication des efforts pour augmenter la performance de la compagnie, et partant améliorer les services prodigués aux clients, à travers sa modernisation et la numérisation de ses structures».
Par ailleurs, le ministre a souligné l’impératif «d’élaborer un plan de travail pour le court, moyen et long termes avec une vision claire et des objectifs bien définis, la compagnie étant tenue de compter sur ses propres capacités dans l’exécution de ses plans de développement et de revoir son mode de gestion conformément aux normes internationales», conclut le document.
Des instructions en provenance du premier responsable du secteur qui témoignent de la situation peu enviable dans laquelle se trouve le pavillon national, nécessitant des efforts colossaux pour espérer le réorienter vers la destination du développement.
Régulièrement mise à l’index par ses clients pour ses prestations de basse qualité, en contrepartie de prix de billets excessivement chers, Air Algérie n’a pu rompre avec sa réputation d’entreprise impopulaire, notamment durant les deux dernières années qui l’ont vu subir de plein fouet l’impact de la pandémie de covid-19.
Mais le mal de l’entreprise est bien plus profond, et dépasse largement les relations qu’elle entretient avec ses passagers en termes de tarifs de billets et des services qu’elle leur fournit. Il est celui d’une compagnie aérienne qui volait bas bien avant l’arrivée du virus déstabilisateur du transport aérien international, et qui tente de se projeter dans la période post-covid avec un énorme passif et des bases gestions bien fragiles.
D’où la question à se poser sur le contenu de la feuille de route présentée par une compagnie dont la situation financière est même en «chute libre», selon l’une de ses cadres qui présentait un exposé devant l’APN, début mars dernier. En effet, «Air Algérie a connu un renversement de situation qui l’a fait passer d’un équilibre financier en 2019 à des résultats financiers déficitaires devenus critiques pour la relance de la compagnie nationale», a soutenu la même responsable devant les députés. Contrairement aux compagnies qui la concurrencent à l’international, Air Algérie peine toujours à renouer avec la rentabilité, même si le nombre de ses vols a été relativement augmenté il y a plusieurs semaines.
Côté gestion, un nouveau mode de gouvernance a été présenté aux députés. Lequel passe par une série d’actions et opérations qui se dégagent de la ligne de conduite tracée pour la période 2021-2025. Celle-ci est «axée sur la réduction de ses charges, la restructuration, la génération de nouveaux revenus et la révision de la convention collective», a expliqué l’intervenante.
«S’agissant de la restructuration de l’entreprise, il a été procédé entre 2020-2021 au rappel de 50 expatriés et la fermeture de 9 agences à l’étranger sur 16 ciblées, en vue d’atteindre un objectif d’économie de 1,14 million d’euros/an», a-t-elle souligné.
Concernant la réduction des charges, la compagnie «va mettre en place une politique d’efficacité énergétique, fermer la restauration et revoir les contrats d’assurance», est-il, en outre, prévu dans la ligne de conduite de cette entreprise en besoin urgent de nouveaux réflexes de gestion. <