Les Algériens qui espéraient traverser à nouveau les frontières à bord d’Air Algérie doivent encore patienter. Ces dernières resteront fermées et les récentes informations « issues de source proche du dossier », annonçant la reprise de ce type de desserte avant la fin de l’année, viennent d’être indirectement démenties par le ministère du Transport dans un communiqué confirmant la reprise des vols domestiques hier.

Samedi, à la veille de cette reprise, la tutelle a précisé que les vols commerciaux internationaux de et vers l’Algérie « demeurent suspendus jusqu’à nouvel ordre ». « Ces dessertes concernent seulement le rapatriement des citoyens bloqués à l’étranger, mais pas les vols commerciaux pour lesquels les hautes autorités n’ont pris aucune décision et demeurent ainsi suspendus jusqu’à nouvel ordre », a-t-elle souligné à un moment où de nombreuses personnes sont montées au créneau pour appeler les autorités à rouvrir de nouveau le ciel algérien.
Les vols de rapatriement ont repris vendredi dernier au départ des aéroports français. En plus d’Alger, ils intègrent désormais les destinations Oran et Constantine. Ils sont 5 000 citoyens à s’être inscrits pour cette opération pour regagner le pays, a indiqué hier la directrice commerciale d’Air Algérie, ajoutant que depuis l’entame des vols de rapatriement, 32 000 citoyens en ont bénéficié.
Mais c’est assurément sur la reprise des vols commerciaux à l’international qu’Air Algérie compte pour espérer une quelconque amélioration de sa situation financière qui pâtit douloureusement de l’arrêt de ses dessertes de voyageurs depuis près de neuf mois.
Le retour aux vols intérieurs peut, certes, constituer un petit « air frais » à une compagnie au bord de l’asphyxie économique, mais cette démarche reste sans doute insuffisante pour une entreprise qui est en train de payer chèrement les frais des mesures sanitaires prises dans le cadre de la lutte contre la pandémie de la Covid-19. Chèrement signifie un manque à gagner oscillant « entre 38 et 40 milliards de dinars », selon les chiffres fournis hier par le conseiller du PDG de la compagnie, Mohamed Charef. Autrement dit, ce manque à gagner s’est maintenu au même niveau où il se trouvait en juin dernier, soit tout juste deux mois après la suspension des vols d’Air Algérie. En effet, à cette période, Air Algérie a annoncé un manque à gagner de 38 milliards de dinars, et qui pouvait atteindre 89 MDA même en cas d’une reprise partielle (30 à 40%) de ses vols commerciaux, intérieurs et internationaux compris. D’où la question comment a fait la compagnie pour éviter les pertes prévues ? En tous les cas, 89 MDA ou moins, Air Algérie compte toujours sur le traditionnel soutien de l’Etat pour la soutenir dans son plan de redéploiement, selon les dires du même conseiller qui s’exprimait hier sur les ondes de la Radio nationale. « La crise sanitaire aura un impact sur le plan de redéploiement et d’investissement de la compagnie », fera remarquer M. Charef, avant d’affirmer que « l’Etat est là pour nous accompagner, notamment dans le projet de renouvellement d’une partie de la flotte ». A ce sujet précis, « nous avons présenté un plan aux autorités pour renouveler la flotte dont certains avions auront 25 ans d’âge d’ici 4 à 5 ans. Ceci nécessitera beaucoup d’investissements pour maintenir leur état de navigabilité et respecter les dispositions de sécurité aérienne », a-t-il fait savoir.
Abordant la question de la reprise des vols commerciaux internationaux, il a assuré que la compagnie Air Algérie est prête à reprendre cette activité sans aucune difficulté, tout en relevant que la décision relève des autorités.
Pour rappel, plusieurs intervenants ont appelé la semaine dernière à l’ouverture des frontières du pays et la reprise des vols internationaux d’Air Algérie, dont des députés de l’émigration et, notamment, des syndicats de la compagnie. Il s’agit précisément de l’UGTA Air Algérie et du Syndicat des pilotes de ligne algériens (SPLA) qui ont lancé un signal d’alarme aux pouvoirs publics, les sollicitant à la reprise graduelle des vols et la réouverture des frontières pour « sauver la compagnie », ont-il justifié. n