Au lendemain de la visite inopinée du ministre des Transports et des Travaux publics Boudjemaa Talai à l’aéroport d’Alger et qui a constaté plusieurs défaillances au pôle technique et de maintenance d’Air Algérie, on a appris d’une source sûre que la tutelle aurait limogé le PDG de la compagnie nationale, Mohamed Abdou Bouderbala.

Il sera remplacé par Bekhouche Allache, un cadre de la compagnie.

Cette visite inopinée survient après les deux pannes qui ont affecté, la semaine dernière, des aéronefs de la compagnie nationale. En inspectant les lieux, Boudjemaâ Talai s’est dit «en colère» de l’anarchie constatée sur place et «choqué» de l’absentéisme des agents et des techniciens de la maintenance. Selon notre source, le limogeage de l’ancien patron des douanes survient également après les nombreux problèmes qu’ont connus les avions de la compagnie nationale lors de leur atterrissage. Il y a une semaine, un avion ATR qui faisait le trajet Alger – Oued Souf avait raté son atterrissage à l’aéroport de Guemar et la catastrophe a été évitée de justesse, suite à un problème dans le train d’atterrissage de l’appareil. Cette éviction est due également selon notre source aux retards que connaissent les vols d’Air Algérie. Un problème récurrent. Bouderbala qui a été nommé PDG d’air Algérie le 24 mai 2015 sera remplacé par Bekhouche Allache, cadre de la compagnie et commandant de bord de l’Airbus A330. Reste à savoir maintenant si le nouveau patron sera confirmé ou bien il assurera l’intérim avant la nomination d’un nouveau président directeur général. Mohamed Abdou Bouderbala a été nommé PDG d’Air Algérie en novembre 2015 en remplacement de Mohamed Salah Boultif après avoir dirigé les Douanes algériennes, plutôt brillamment d’ailleurs. Ce juriste de formation, titulaire d’un doctorat en Droit de Panthéon-Sorbonne (Paris I), qui s’est ensuite spécialisé dans les finances en dirigeant la direction de la législation fiscale, DLF, avait d’ailleurs été nommé à la tête de la compagnie nationale de navigation aérienne avec l’objectif de redresser ses comptes et de la rendre compétitive dans un contexte des plus difficiles, l’entreprise étant connue par la pugnacité de ses différents syndicats, notamment celui des pilotes, le SPLA, et par la fréquence des débrayages et des mouvements sociaux.
Mohamed Abdou Bouderbala n’a, selon les observateurs du dossier Air Algérie, jamais été un technicien ni un « ingénieur » du transport aérien civil. Il était cependant venu à la tête de la compagnie pour regarder ses comptes de plus près et tenter de revoir ses effectifs, jugés pléthoriques et sans rapport aucun avec le service de plus en plus critiqué qu’elle propose à ses clients, en particulier dans le volet commercial et prise en charge des passagers. Une lourde tâche sur laquelle il s’est exprimé brièvement mais avec franchise au début de son mandat de PDG avant qu’il n’opte pour une posture communicative « en interne » et davantage centrée vers les cadres et le personnel de la compagnie.