«Un plan d’action d’extrême urgence. C’est ce qu’il reste à faire pour sauver la compagnie aérienne Air Algérie», juge-t-on du côté de la Direction générale d’Air Algérie. «C’est en soit un chantier auquel personnels et cadres dirigeants se doivent de contribuer en commençant par des sacrifices et des concessions de tout un chacun» s’accorde-t-on à dire au sein de la compagnie aérienne, notamment chez ceux qui ont à cœur de remettre sur rail le pavillon national.

Premier pas dans ce sens, la Direction générale vient de demander aux différents syndicats de la compagnie de proposer des solutions. Autrement dit, des «solutions concrètes et exceptionnelles» pour remédier à la dure situation que traverse la compagnie. En recourant à ce procédé, on peut déduire que le staff dirigeant de la compagnie est devant une impasse. C’est d’autant plus vrai que si jusqu’ici Air Algérie est arrivée quelque peu à s’en sortir de la crise financière dans laquelle elle se débat ces dix dernières années, c’est surtout grâce au secours de l’Etat qui, en effet, n’a eu de cesse de renflouer ses caisses chaque fois qu’elle était aux portes de l’asphyxie. Aujourd’hui, la situation de la compagnie est désastreuse au point où la solution du renflouement des caisses ne peut être d’aucune utilité et encore moins salvatrice. Pour preuve, toute son activité est à l’arrêt depuis près de huit mois faute de pouvoir décoller ses avions cloués au sol après la décision du gouvernement de fermer les frontières aériennes du pays en raison de la pandémie de la Covid-19 qui sévit dans le monde. En clair, la suspension des vols à l’international et domestiques s’est traduit par un manque flagrant de recettes financières qui, plus est, s’en est allé en s’aggravant poussant ainsi la Direction générale à avouer que si les avions restaient au sol, la compagnie va se retrouver dans l’incapacité de verser le salaire de son personnel. Devant cette situation, selon des sources concordantes, elle n’a pas trouvé mieux que de tenter de revoir à la baisse les salaires des employés. « Le staff dirigeant de la compagnie arguant que c’est quasiment l’unique mesure entre ses mains, pour faire face à la baisse drastique de ses revenus. Une mauvaise nouvelle qui d’ailleurs a été transmise par la direction de la compagnie aérienne au Syndicat national du personnel navigant commercial algérien (SNPNCA), au cours d’une récente réunion autour des rémunérations. Pour le moment, le syndicat n’a rien proposé, du moins pas avant la réunion de son bureau exécutif qui devrait se tenir, selon un de ses membres approché par Reporters, lundi ou mardi prochain. Toujours selon ce syndicaliste qui a tenu à garder l’anonymat « nous approuvons ladite solution, mais à des conditions». Et de nous confier dans ce sens : « Si la décision de couper sur les salaires venait à être prise cela devrait commencer par les gros salaires et les employés qui bénéficient de privilèges salariaux et non par le bas de l’échelle.» C’est d’ailleurs ce que redoute le syndicat des stewards et hôtesses de l’air, nous révèle cette même source. Expliquant que le dit syndicat n’est pas en odeur de sainteté avec la Direction générale dans la mesure où certains stewards et hôtesses ont fait l’objet de licenciement suite à la grève qu’ils ont déclenchée revendiquant une hausse de salaire. Ce n’est qu’après de longues tractations qu’ils ont été réintégrés à leur poste de travail», a-t-il fait savoir. Ce dernier craint fort que le syndicat en question «rejette en bloc toute idée de revoir leur salaire à la baisse». En somme, on peut avancer que la réduction des salaires telle que prônée par la Direction générale d’Air Algérie ne sera pas du tout facile à mettre en place. Les prochaines réunions entre les deux parties seront sans aucun doute houleuses.
Il importe de rappeler enfin, selon le porte-parole de la compagnie aérienne nationale, Amine Andaloussi, que le manque à gagner d’Air Algérie est évalué à 38 milliards de dinars en raison de la crise liée à la Covid-19. «Ce montant passerait à 89 milliards de dinars à fin 2020, si les avions de la compagnie demeurent cloués au sol», explique cette même source. n