Le Directeur général par intérim d’Air Algérie, Amine Debaghine-Mesraoua, a été installé hier dans ses fonctions lors d’une cérémonie présidée par le ministre des Travaux publics et ministre des Transports par intérim, Farouk Chiali. Celle-ci s’est déroulée au siège du ministère des Travaux publics, en présence de plusieurs cadres du ministère des Transports, a indiqué un communiqué de la Compagnie aérienne sur son compte officiel Facebook.

M. Debaghine-Mesraoua remplace Bekhouche Allouache à la tête d’Air Algérie, ce dernier ayant été limogé de son poste samedi par le président de la République, tout comme le responsable du catering au sein de la même compagnie. Les deux responsables n’étaient pas les seuls à être évincés d’Air Algérie, puisque la sanction a commencé par la plus haute autorité du secteur, en l’occurrence le ministre des Transports, Lazhar Hani.
«Cette décision a été prise à la suite de l’engagement d’une opération d’importation par la compagnie nationale Air Algérie de fournitures liées à l’activité de Catering et ce, sans tenir compte du contexte économique national et des orientations financières visant la gestion rationnelle des devises et la priorité à accorder à la production nationale», a expliqué le communiqué de la présidence faisant part de cette mise à l’écart.
La compagnie aérienne nationale n’est pas à son premier Directeur général par intérim. M. Alleche avait lui-même occupé ce poste en février 2017, avant d’y être confirmé en août de la même année, en remplacement de Mohamed Abdou Bouderbala. M. Debaghine-Mesraoua jouit d’une longue expérience dans le domaine des transports, notamment aérien, où cet ingénieur en travaux publics, diplômé de l’ENIATP Oran, a passé le gros de sa carrière, précisément à l’Etablissement national de la navigation aérienne. Depuis six mois, il était le conseiller du Directeur général, fraîchement relevé de ses fonctions. Il remplace en connaisseur d’une entreprise, dont les difficultés financières durent depuis des années et qui se sont aggravées davantage depuis l’arrivée de la pandémie de coronavirus, ayant cloué au sol la flotte d’Air Algérie. L’arrêt total du transport des passagers s’est traduit par des pertes de 40 milliards de dinars pour Air Algérie, selon les chiffres officiels. C’est l’un des chiffres inquiétants du bilan de crise établi par l’entreprise pour l’année 2020. Et en dépit de la reprise des vols domestiques depuis la fin de l’exercice de la même année, Air Algérie est loin d’être sortie des fortes zones de turbulences. La reprise de ses vols internationaux n’est toujours pas fixée et ses pertes risquent de gagner encore en montants. Du pain sur la planche pour le Directeur général intérimaire.