Par Feriel Nourine
La disponibilité d’Air Algérie à rembourser ses clients, qui n’ont pas utilisé leur billet d’avion, pour des raisons de pandémie de la Covid-19, a été renouvelée, hier, par le porte-parole de la compagnie aérienne nationale, Amine Andaloussi.
Le nombre de billets qui n’ont pas été consommés s’élève à 500 000 et le coût de leur remboursement est de 25 milliards de dinars, a chiffré M. Andaloussi, lors de son passage sur Echourouk TV, assurant que l’entreprise est prête à rembourser les concernés.
Il précisera néanmoins que durant la période où l’ensemble de la flotte d’Air Algérie était clouée au sol, le remboursement s’avérait une opération impossible à réaliser dans une situation financière qui ne lui était pas favorable. « Ce qui nous avait poussé à réactiver de nombreux billets que leurs utilisateurs souhaitent utiliser après la reprise partielle de nos vols », expliquera l’intervenant, non sans souligner que « même ceux qui avaient acheté leur billet à des tarifs promotionnels n’ont pas eu à ajouter un supplément pour leur réactivation ». Pour le remboursement des billets non utilisés, M. Andaloussi fera savoir que l’opération « a été entamée », mais qu’elle doit obéir à un protocole technique avant l’acte final, à savoir la récupération par la clientèle concernée de son argent. « Il y a un travail technique à exécuter entre les services impliqués dans cette opération au niveau d’Air Algérie de sorte à dégager la liste réelle des clients qui n’ont pas utilisé leur billet », dira-t-il à ce sujet. Ce procédé « ne relève pas de la bureaucratie, mais d’une démarche administrative nécessaire », note le même responsable, avant d’évaluer sa durée « entre une semaine et 30 jours».
A la question de savoir si l’entreprise qu’il représente était capable de rembourser tous les billets non utilisés, M. Andaloussi s’est montré plutôt hésitant, en évoquant les priorités d’Air Algérie que sont les charges incompressibles, citant, entre autres, « l’assurance de la flotte, les redevances de stationnement dans les aérogares étrangers, l’entretien des appareils qui constitue le gros des charges, et les dettes fiscales et parafiscales cumulées».
Autant de charges qui laissent aisément deviner l’incapacité financière d’Air Algérie à rembourser les 500 000 billets achetés avant que la pandémie du coronavirus ne vienne contraindre leurs acquéreurs à rester chez eux et de ne pas les consommer. Comprendre donc que si la compagnie nationale venait à mettre la main à la caisse pour une opération de remboursement, elle ne pourrait le faire qu’à travers un échéancier qui prendra le temps qu’il faudra pour satisfaire tout le monde sans peser davantage sur une situation financière pas au point au niveau de cette entreprise qui, à l’instar de toutes les compagnies à travers le monde, a subi de plein fouet l’impact de la Covid-19 depuis son apparition.
Faut-il rappeler, à ce propos, que le transport aérien est la filière qui a le plus pâti de la situation sanitaire. Ce qui fait rappeler au porte-parole de la compagnie aérienne nationale « l’impact fortement négatif » subi par la compagnie nationale, lorsque « tous les avions étaient à l’arrêt sur les quais ». « Aujourd’hui, l’ouverture partielle de nos vols permet de transporter des Algériens dans de nombreux pays dans le monde. Cependant, cette ouverture reste insuffisante par rapport à la demande exprimée », poursuit l’intervenant, expliquant que les 52 vols hebdomadaires effectués par Air Algérie ne représentent que 19% du plan de vol de la compagnie en 2019, période pré-pandémique. « Nous sommes nettement loin d’un plan à 100%, mais il faut prendre en considération la situation sanitaire qui empêche de revenir à la situation initiale », insistera-t-il. Dans le même ordre d’idées, il note qu’avec seulement 52 vols par semaine, les avions sont d’ores et déjà complets à 90% jusqu’à la fin du premier trimestre 2022. « La demande est très forte, les gens veulent se déplacer, principalement pour des missions professionnelles ou des soins, et 90% des places disponibles ont déjà été réservées jusqu’à la fin du premier trimestre de l’année prochaine », dira-t-il, en effet, précisant que l’essentiel des réservations a été effectué pour les destinations France, Espagne et Dubaï.
Interrogé également sur les prix excessifs des billets que pratique Air Algérie, Amine Andaloussi mettra cette démarche commerciale sur le compte de la relation offre-demande, soulignant que « s’il y a augmentation du nombre de vols, il y aura baisse des prix des billets ». Il citera, en ce sens, la desserte qui fait réagir le plus les voyageurs, à savoir Alger-Paris dont le billet est vendu actuellement à « 64 000 DA, alors que lorsque la flotte tournait à plein régime, il descendait jusqu’à 30 000 et même 27 000 DA en formules promotionnelles », rappellera-t-il.