Au départ de Mostaganem, on n’avait pas la moindre idée de ce qu’on allait découvrir, si ce n’est quelques bribes d’informations d’amis qui nous ont encouragés à venir découvrir les lieux. Cela dit, faute de panneaux de signalisation, on a eu quelques difficultés à dénicher ce véritable joyau, niché en pleine campagne d’un petit et agréable village agropastoral, nommé Ouled Boudjemâa, situé à quelques encablures du site touristique. En c’est en arrivant devant une imposante et esthétique porte d’entrée, indiquant qu’on est bien sur les lieux, qu’on réalise ce qui est devant nos yeux.

 

Un bijou de conception simple alliant l’environnement à la rigueur architecturale avec tout ce qu’elle a de simple, donc de beau. C’est Doriane Beach Club, premier village touristique classé (étoilé) en Algérie. Un majestueux ensemble édifié par un Monsieur qui a, depuis des lustres, crié sa passion pour son pays, l’Algérie. «Nous n’avons pas de pays de rechange, c’est notre pays. Et mon argent ne sera nulle part ailleurs investi qu’en Algérie», ne cesse-t-il de répéter à l’envi à tous ceux qui regardent ailleurs alors que tout est là. Lui, c’est Brahim Tourki, le propriétaire des lieux. Implanté sur plus de 18 hectares, Doriane Beach Club est constitué de 187 chambres, 15 suites juniors, 15 suites séniors et 2 villas, le tout génialement aménagé sur des espaces verdoyants de gazon et de fleurs et a pour sympathiques voisins, à l’année, de milliers d’oiseaux pour lesquels plus de 700 belles niches ont été installées sur le haut des façades. Ici, tout est mis à la disposition des clients, de chaque client, et ce en fonction de ses besoins distractionnels, de ses hobbys et de ceux qui l’accompagnent, femmes et enfants. Bref de toute la famille. En pénétrant sous une imposante porte d’entrée, gardée par de vigilants et sympathiques gardiens, et sous la discrète surveillance de pas moins de 95 caméras de télésurveillance, vous trouverez tout de suite à votre gauche la réception. Bien agencée et gérée de main de maître par une dame à l’œil alerte. Vous aurez droit à tous les égards et toute information qui vous permettra de bien vous orienter dans ce beau village touristique, d’une propreté impeccable. Cela fait, vous êtes déjà pris en charge et «aspiré» par l’agréable ambiance des lieux. Des panneaux d’indication sont installés partout et des noms sont donnés à chaque allée pour pouvoir s’orienter sans aucune difficulté. Des cris de joie d’enfants provenant d’une belle piscine, bordée de transats et d’une forêt de parasols, donne déjà le tempo. Des dizaines de gamins et de gamines, glapissant de joie barbotent dans une eau limpide, surveillés par un maître de baignade, juché sur un perchoir, style arbitre de tennis.

 

De l’espace verdoyant à la grande bleue

«Je suis très satisfaite de nos conditions de séjour. Tout est parfait. Les enfants sont contents, ils extériorisent toute leur joie en dépensant une étonnante énergie. Ils s’amusent bien et ça nous ravis de les voir si heureux», nous informe une dame, allongée sur un transat, ses yeux ne décollant pas de ses deux fillettes qui n’arrêtaient pas de faire des mouvements de gymnastique dans l’eau. Une autre piscine pour adultes est à quelques centaines de mètres de là. A notre arrivée, elle était bondée. Une musique endiablée accompagnait les acrobatiques plongeons des jeunes, filles et garçons, bien bronzés et respectant à la lettre les consignes de sécurité des gardiens et des maîtres-nageurs. Pour les accros aux autres sports, ils trouveront une succession de terrains de football, de basket, de hand et de tennis. Sur le flanc de ces terrains, une salle de fitness, dotée d’équipements de musculation, de vélos et de tapis roulants, est à leur disposition. Au sein même de cette salle, est aménagée une petite salle de massage et un sauna. A proximité, une miniclinique bien équipée, avec un médecin urgentiste et une ambulance médicalisée qui est toujours prête à répondre à tout éventuel bobo. Ceci pour dire que, selon le propriétaire des lieux, «la santé de nos clients est une de nos préoccupations majeures». Plus haut, face à la piscine enfants, une grande et large salle fait office de cafétéria, avec terrasse, une crèmerie et une sandwicherie. Un fast-food bien tenu par une équipe de jeunes au sourire toujours présent et au mot gentil au bout de la langue. Les familles apprécient. Sur la grande allée, une salle de jeux, disposant de tables de billard, de babyfoot et de tennis de table est ouverte H/24. Lui faisant face, une pouponnière, une garderie d’enfants et une salle de prières, côtoient une série de boutiques de souvenirs et de confiseries. L’ensemble, édifié dans une parfaite harmonie, où le moderne épouse le naturel, est d’une époustouflante esthétique. Géré par une équipe compétente et disponible, à l’image de Mme Hamza Imène et Tahar Bourou, le bras droit du patron et néanmoins directeur du complexe, un homme dont la passion débordante de vitalité n’a d’égale que le résultat d’un ensemble intégré à Dame Nature. De l’espace verdoyant à la grande bleue, il a, sans jeu de mots, réussi à abattre une montagne pour mettre en valeur une plage en forme de crique, enserrée de superbes calanques. Cet homme s’appelle Brahim Tourki, «le fou raisonnable», comme l’a surnommé un de mes amis. Ce «fou» qui, au prix de mille et une contraintes, embûches et obstacles, dressés sur son chemin abusivement par l’administration locale, a réussi à démontrer qu’avec de la volonté on arrive «à déplacer des montagnes.»

«C’est ma mésaventure à Oum T’boul qui m’a donné envie d’investir chez moi»

Mais comment a germé en lui cette idée de venir de son légendaire quartier de Belcourt, à Alger, faire sortir de terre, à Aïn Témouchent, un merveilleux village touristique ? «C’est venu comme ça, d’un coup, un jour que j’étais allé passer quelques jours de vacances en Tunisie et que j’ai dû subir au poste frontière d’Oum T’boul plus de 7 heures d’attente. Puis vint la désagréable conduite de douaniers tunisiens qui m’ont fait voir des vertes et des pas mûres. J’ai décidé de rebrousser chemin et j’ai passé mes vacances en Algérie. C’est cette mésaventure qui m’a donné envie d’investir chez moi, dans mon pays, dans le domaine touristique.» Il ajoute : «Etant déjà propriétaire d’un groupe de 11 entreprises, j’ai réussi à dénicher un terrain à Aïn Témouchent et j’ai de suite lancé les études et les travaux en ramenant de plusieurs régions plus de 600 ouvriers. Tout a été réalisé en 6 mois et sur fonds propres. Je n’ai à aucun moment fait appel à une quelconque banque pour le financement. Sur 18 hectares, a éclos un village touristique auquel j’ai donné le nom d’une de mes filles, Doriane.» Reprenant son souffle, il ajoute : «Depuis l’ouverture de ce village touristique, qui emploie pas moins de 300 travailleurs, dont 143 à temps plein et 157 autres saisonniers en haute saison, tous nos bénéfices, moi et mes enfants qui faisons tous partie de la SPA, sont réinjectés dans l’investissement et le développement du complexe.» Il faut aussi ajouter qu’en matière de distractions, le complexe dispose d’un discothèque et d’une boîte de nuit, gérées magistralement par Fethi Benayad, dit «le Marabout», où les adeptes de Bacchus y sont bien servis et où tout est disponible et à profusion.

Réalisé en 6 mois et sur fonds propres

A signaler qu’une vingtaine de tentes, d’une capacité de 5 lits chacune sont implantées sur la plage et louées à 1 000 DA la journée. «C’est pour encourager tout le monde à profiter des bienfaits de la nature, notamment de la mer. C’est à la portée de toutes les bourses», précise Brahim Tourki, qui révèle qu’un ambitieux projet de réalisation, en association avec la compagnie d’assurance Alliance Assurances, est en train de prendre forme. «Les plans sont prêts, les études bouclées et les travaux seront incessamment lancés pour réaliser tout un village touristique, constitué d’un aquapark avec 16 toboggans, 10 piscines, 1 piscine à vagues, 5 restaurants à thèmes et diverses boutiques d’une capacité de 2 500 personnes/jour. Le tout  sera accompagné par un ensemble de restauration de 1 200 couverts, avec menu buffet ou à la carte, avec terrasse et vue sur mer, 216 bungalows, dont 104 de type F3 et 112 de type F4 pour une capacité de 1 000 personnes, un parking pour 750 voitures, un centre de thalassothérapie de 300 chambres d’une capacité d’accueil de 1 000 personnes, entièrement dédié à la remise en forme, à la détente et à la relaxation. A tout cela s’ajoute un amphithéâtre de 3 000 personnes dédié aux spectacles professionnels et un terrain de football, aux normes internationales, imposés par la FIFA, déclinée aux équipes nationales. C’est un lourd investissement qui nécessite un fonds de 1 100 milliards de centimes. Avec Alliance Assurance, notre associé, nous sommes en train de réunir les fonds pour lancer le projet qui emploiera près de 1 000 personnes.» Pourvu d’une grande vision de management, Brahim Tourki a déjà sélectionné 10 bachelières qu’il a placées en formation à l’Ecole supérieure de tourisme d’Aïn Benian, à Alger.

Le coût de la formation de chaque apprenante est de 600 millions de centimes/an. Il a aussi, et surtout, pour assurer une continuité familiale dans la gestion de patrimoine hôtelier, une de ses filles en formation dans cette même école et une autre dans un institut supérieur du tourisme à Lausanne, en Suisse, pour décrocher un doctorat en tourisme international. «Les 10 bachelières, je les prends en charge contre un contrat de fidélité de 10 ans et seront donc, après 5 ans de formation, installées comme cadres dans nos villages touristiques.» C’est dire que l’homme, un battant de première, garde bien le cap et ne cogite qu’en termes de succès. Et comment en serait-il autrement lorsqu’on apprend qu’en 2017, pas moins de 15 832 clients ont séjourné chez lui, au Doriane Beach ? «Ce qui me fait plaisir, c’est que plus de 45% d’entre eux sont des émigrés algériens qui viennent passer leurs vacances dans leur pays. Nous avons aussi reçu beaucoup d’étrangers, dont des Allemands, des Suisses, des Espagnols, des Américains, des Australiens, des Philippins et des Malaisiens», précise Brahim Tourki. Il conclut par «mon vœu le plus cher est de voir mes concitoyens passer leurs vacances chez eux, dans leur pays, l’Algérie». Synonyme de farniente, Doriane Beach Club a, selon son concepteur, pour seul et unique crédo, «servir la clientèle et lui permettre de passer un agréable séjour, en mettant à sa disposition tout ce dont il a besoin pour se sentir bien pris en charge. En un mot comme en cent : insuffler en lui le sentiment de satisfecit».