Réputée pour son comptoir régional du prêt-à-porter, très prisée par les pères de famille et les faibles bourses, la ville de Aïn Fakroun
(25 kilomètres à l’ouest d’Oum El Bouaghi), de plus de 50 000 habitants, dispose de nombreuses villas haut standing érigées par les nombreux commerçants de l’import du prêt-à-porter. Malheureusement ce beau quartier cache l’aspect hideux et réel des cités où règnent la mal-vie et la précarité.

Censée connaître un essor de développement remarquable, compte tenu de la présence de l’activité commerciale florissante du prêt-à-porter « made in » depuis des décennies sur son territoire, l’agglomération fait face depuis des années à des difficultés majeures entravant tout initiative de développement. Dans ce contexte, l’affirmation « les apparences sont souvent trompeuses » s’applique à la situation et l’aspect de cette agglomération qui dispose d’une activité commerciale très rentable, contrastant totalement avec son cadre de vie et environnement complètement dégradés. Des rues non revêtues à l’intérieur des cités, se transformant en saison hivernale en véritable bourbier, l’éclairage faisant largement défaut, un réseau d’assainissement défaillant avec des conduites placées à 30 cm de profondeur. Le déficit remarquable du foncier entrave l’implantation des projets de nouvelles structures et l’exemple type demeure la présence du marché hebdomadaire en plein centre-ville, face à une école, constamment décrié par les riverains à causes des déchets de ses désagréments. De ce fait, la commune, qui a décidé de le transférer dans un autre lieu, en l’occurrence route de Aïn Bordj, attend depuis le mois de novembre l’entame des procédures nécessaires. Sachant que des conteneurs de vêtements du prêt-à-porter sont acheminés vers la ville, engendrant de grandes quantités de cartons d’emballage jetées quotidiennement par les commerçants et constituant un véritable casse-tête pour les services de nettoyage. Cette dernière, qui a imposé des taxes pour le ramassage des déchets, fait face aux difficultés de recouvrement. Alors que dans les grands centres urbains de la wilaya, les kiosques de fortune érigés par les commerçants de l’informel ont été démantelés, à Aïn Fakroun, ils activent sans être inquiétés. S’agissant de la circulation dans cette agglomération très prisée par les citoyens de toute la région, la ville ne dispose pas de parkings ni d’espaces pour contenir le flux des véhicules. Quant au transport urbain, les moyens utilisés (J9, J5…) sont vétustes circulant d’une manière anarchique et s’arrêtant à tout moment et dans n’importe quel lieu. Alors que la valorisation de l’exploitation du patrimoine communal, tel le marché couvert, le restaurant du stade communal, les kiosques du Président, censés engendrer des rentrées d’argent, tâtonne à cause des difficultés de régularisation des documents selon des sources communales concordantes. L’activité commerciale du prêt-à-porter sévissant depuis des décennies n’a, en fin de compte, pas connu les effets escomptés, notamment pour assurer la dynamique du développement nécessaire. L’actuelle Assemblée populaire communale semble éprouver les pires difficultés à se débarrasser des insuffisances et nombreuses préoccupations héritées. n